J’ai toujours cru que les étudiants universitaires étaient ceux qui allaient changer le monde, l’améliorer, le faire évoluer. Le déroulement des événements de la politique étudiante à l’Université de Sherbrooke m’ont fait craindre le pire pour la société que je lèguerai un jour à mes enfants. Les étudiants impliqués sur le campus de l’Université de Sherbrooke depuis le début de leur baccalauréat, maintenant à la maîtrise, se retrouvent à se battre pour conserver d’importants acquis (un travail qui a été reconnu, appuyé et souligné par l’administration de l’Université et par les étudiants) contre une mobilisation d’étudiants internationaux qui n’a d’autre dessein que de tout chambouler pour annuler l’augmentation des frais de scolarité pour les étudiants internationaux.
Marmotte Révoltée
Tout saccager dans le déroulement des plus actives associations étudiantes de l’Université de Sherbrooke, et ce, au détriment de tous les autres droits et besoins des étudiants du regroupement en entier, un moyen de pression? La plupart des militants contre la «boîte noire du REMDUS», comme ils l’ont eux-mêmes qualifiée, mettaient les pieds pour la première fois de leur vie dans une assemblée générale tout court! Une véritable guerre ouverte de pouvoir associatif entre certains étudiants internationaux et les étudiants nationaux.
Je n’ai rien contre le fait de se mobiliser pour empêcher l’augmentation des frais des étudiants internationaux. D’ailleurs, le REMDUS est un des regroupements étudiants les plus impliqués et actifs dans le dossier des frais de scolarité des étudiants internationaux. Mais prendre d’assaut deux associations qui fonctionnent bien pour les bloquer complètement représente-t-elle une pratique mesurée? Nous sommes une université internationale, et le REMDUS, avec plus de 85% de ses membres qui sont des étudiants internationaux, n’a cessé de se battre pour améliorer les services qui sont offerts aux étudiants internationaux et s’assurer qu’ils se sentent ici comme chez eux.
Personnellement, je me sens devant un groupe d’étudiants qui est prêt à mordre la main même qui le nourrit, persuadé qu’il sera en mesure de contrôler ces deux associations mieux que les autres, et ce, dans l’intérêt principal des seuls étudiants internationaux. Prenant plaisir à qualifier les exécutants de «racistes», de «licheurs de cul de blanc», de «partisans de la dynastie» et j’en passe, les militants étudiants internationaux de maîtrise et de doctorat sont persuadés d’avoir pris par surprise les étudiants nationaux et ils ont raison.
Ainsi, les étudiants internationaux ont réussi à prendre d’assaut les postes à la Fondation FORCE et au REMDUS. Tous les dossiers savamment menés par le REMDUS durant la précédente année seront relégués aux oubliettes, alors que des gens sans aucune expérience ont pris le contrôle des associations dont l’Université de Sherbrooke est la plus fière. Une équipe de personnes travaillantes, braves, une équipe qui était active et unie, s’est fait démanteler par une solidarité à mon avis mal placée. Les étudiants internationaux devraient comprendre que l’exécutif du REMDUS ne s’est jamais positionné comme un ennemi dans le dossier de l’augmentation des frais de scolarité des étudiants internationaux, au contraire de ce qu’ont affirmé les candidats internationaux aux postes d’exécutants.
N’oubliez pas, chers étudiants, que ces postes sont en partie subventionnés par vos cotes étudiantes, et qu’il s’agit là des principaux fournisseurs des services auxquels vous avez tous droit, toutes nationalités confondues. Je ne peux prédire le futur, mais je crains que pour la prochaine année, toute l’action du REMDUS et de la Fondation FORCE soit gelée en faveur de l’avancement unique du dossier de l’opposition à l’augmentation des frais de scolarité des étudiants internationaux. Je prédis un retour fort de la FEUS au détriment du REMDUS, paralysé par une mobilisation surprise et incohérente sur le plan du long terme. Je suis en faveur de la prise de position contre l’augmentation des frais internationaux, mais complètement en désaccord avec la façon dont ceux-ci s’y sont pris pour manifester leur mécontentement.
Paralyser une institution dans un but unique représente selon moi, une forme de dictature, à plus petite échelle, et utiliser ce mot au Québec dans une université qui se vend comme une «université de leader» au Canada me donne la chair de poule!

