Saviez-vous qu’à Montréal en 1905, Molson livrait sa bière en camion électrique? Le livreur faisait une première tournée matinale et revenait à la brasserie le midi où on échangeait la batterie pour une seconde rechargée pour la ronde de l’après-midi. Au début du XXe siècle, un dénommé Alexander Winton avait déposé frauduleusement un brevet sur le moteur à explosion, limitant son exploitation par d’autres constructeurs (moyennant des droits d’exploitation). Résultats: la moitié des véhicules aux États-Unis étaient électriques, faisant des États-Unis le plus grand producteur de véhicules électriques au monde. Mais Henry Ford démontra bien vite que ce brevet ne valait rien et le moteur à essence connut alors une grande progression, rendant les moteurs électriques obsolètes.
Fred Duke
Lors d’une conférence TED (une série annuelle de présentations de personnes remarquables dans divers domaines que l’on peut consulter au www.ted.com), Shai Agassi, fondateur du projet Better Place, a dévoilé sa vision des 15 prochaines années: l’élimination de la voiture à essence grâce à la technologie actuelle. Fort d’ententes avec plusieurs pays ou régions, notamment Israël, le Danemark, l’Australie, Hawaï et le Nord de la Californie, et d’un partenariat avec Renault-Nissan, Agassi nous propose une toute nouvelle façon de voir l’automobile, à la fois plus économique et plus écologique que les modèles actuels.
L’idée est simple, il s’agit de créer un réseau qui permet l’utilisation de la voiture électrique actuelle, qui a une autonomie de 160 à 190 km sur une charge. Chaque fois que vous vous arrêtez, vous branchez votre voiture (donc à la maison et au travail). Puis, lorsque vous dépassez l’autonomie de votre voiture, vous vous rendez dans une station d’échange de batterie (similaire à un lave-auto) et quelques minutes plus tard, vous ressortez avec une nouvelle batterie pleine. Voilà!
Mais ce n’est pas tout, le projet est encore plus qu’un simple réseau de stations… En fait, le réseau s’autoalimenterait à partir d’une ressource d’énergie renouvelable, par exemple, une ferme de panneaux solaires dans le sud d’Israël. Donc, aucune émission de CO2! En plus d’être plus écologique, cette nouvelle stratégie est beaucoup plus économique. L’idée est simple et s’inspire des contrats de téléphones cellulaires: au lieu de payer la batterie à l’achat de la voiture, vous allez la payer à l’utilisation. Chaque fois que vous allez échanger de batterie, le prix du «plein» sera partagé en trois, soit une partie pour payer le coût de l’énergie, une autre pour le constructeur de la voiture et la dernière part au fabricant de la batterie, et ce, à moindre coût qu’un plein d’essence! Est-ce trop beau pour être vrai? C’est ce que nous allons voir dès l’année prochaine en Israël… Déjà, Renault-Nissan a présenté deux prototypes, dont un qui est une version modifiée de la Rogue de Nissan (la eRogue).
Ce modèle est idéal pour le Québec, qui jouit déjà d’une source d’énergie renouvelable et d’un réseau électrique unifié. Il suffit d’installer des stations d’échange de batterie «Hydro-Québec» partout au Québec, et des bornes électriques payantes (un prix pour le stationnement et la recharge si désirée) dans les stationnements publics. Il me semble que ce n’est pas compliqué. Si Molson le faisait il y a cent ans, pourquoi pas nous aujourd’hui?





décembre 19th, 2009 at 5:26
Y aura-t-il des étudiants à Sherbrooke qui feront la démonstration de la faisabilité de ce projet. Peut-être un projet de maîtrise consertée entre les d’étudiants de différentes facultés et même de différentes institutions.
Moi je suis un peu vieux, mais pour vous les jeunes, ce projet me semble très prometteur. Autant du côté écologique qu’économique. Contactez-moi j’y pense depuis dix ans. J’ai des idées.