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Categorized | Culturel

Tryo enflamme le Granada

Posted on 06 avril 2009 by admin

Le 20 mars dernier, le célèbre groupe français Tryo a livré une performance à la hauteur des attentes devant une salle remplie et survoltée. Rarement voit-on à Sherbrooke un événement de cette envergure. Retour sur une soirée magique et rencontre avec Manu Eveno, guitariste-chanteur et membre fondateur du groupe.

Louis Pascal Perreault

Il est passé 20h30, Kodiak a déjà commencé sa prestation en première partie, mais les gens continuent à affluer. Un peu plus tôt, la file s’étirait jusqu’à la rue King. Le vestiaire déborde, il ne reste plus un cintre de libre dans tout l’immeuble et les derniers arrivés doivent garder leur manteau. Dans la salle, la fête est déjà prise. On vient pour Tryo, mais on réagit avec enthousiasme aux chansons de Kodiak. La machine à fumée ne sera pas nécessaire ce soir pour faire ressortir les éclairages…

L’avènement d’un groupe culte

Qu’est-ce qui fait qu’une formation devient mythique? En fait, cela dépend de la conjonction de quelques facteurs. Le charisme des musiciens, la relative jeunesse du groupe, comme celle du public qu’il touche, en sont des éléments. Il faut aussi une musique accrocheuse, sans être bêtement commerciale; une musique qui se distingue, qui innove ou qui reflète les tendances actuelles. Puis, le groupe doit être porteur d’un message qui rejoint les préoccupations des jeunes générations et qui touche des enjeux de société. Tryo combine sans contredit ces éléments. Son «reggae acoustique» de plus en plus métissé par différents rythmes du monde, la binette sympathique des musiciens et leur discours écologiste galvanisent les foules partout où ils passent.

Ainsi, le bonheur et la fébrilité se sentaient dans la salle. Il fallait entendre la foule chanter à l’unisson, il fallait l’entendre applaudir, crier et siffler après chaque pièce. On se serait cru en présence de 10 000 personnes. Quelqu’un, que je ne connaissais pas, m’a spontanément serré dans ses bras, pour ensuite disparaître en chantant vers l’avant de la salle. Je me permets cette anecdote, car elle exprime bien l’esprit de communion et de joie qui régnait au Granada.

On peut bien critiquer un peu le son qui a manqué de puissance, surtout pour ceux situés près de la scène, ou l’effet larsen des micros (communément appelé feedback, ce son très aigu) qui s’est produit à trois ou quatre reprises durant la prestation de Tryo. Ces désagréments auront probablement tirés quelques fans de la magie du moment. Mais bon… Ils auront vite été ramenés par la force des percussions de la chanson Mrs Roy, le rythme endiablé de Sortez-les ou le délire ludique de Jocelyne.

De la parole aux actes

Ce qui frappe d’abord chez Manu Eveno, c’est sa simplicité, sa chaleur et sa disponibilité. Il avait rencontré des médias durant toute la tournée et nous a reçus juste avant le spectacle, comme si nous étions un joueur majeur… Manu Eveno parle parfois en son nom, mais on sent bien que ses valeurs sont partagées par les autres membres de Tryo.

Il est connu que le groupe est associé à Greenpeace et qu’il cherche à réduire au maximum l’impact écologique de ses spectacles. Le plus lourd vient des spectateurs qui prennent leur voiture, souvent seuls, pour se rendre à la salle. Alors Tryo fait beaucoup de sensibilisation à cet égard. Autre exemple: le groupe utilise des éclairages à faible consommation électrique. Cela explique probablement le certain dénuement sur le plan scénographique, incomparable avec la dernière prestation de Tryo à Sherbrooke en 2004.

Manu Eveno cherche maintenant à accorder ces valeurs à son quotidien. «J’arrive à un stade de ma vie où j’ai envie de moins de choses. Moins d’objets, ça veut dire forcément plus de temps, plus de rapport avec la nature, avec les autres… » Pour conclure l’entrevue, il lance un message à tous: «Soyez heureux de vivre. Si vous voulez savoir quelque chose sur un sujet, expérimentez vous-mêmes ce sujet. Rapprochez-vous-en. N’attendez pas que la télé vous le donne tout cuit dans le bec… »

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