Écrire pour ne rien dire

29 mai 2009

De quoi vous entretenir pour garder votre intérêt tout au long de ces quelque sept cents mots que je dois pondre en tant que rédacteur en chef du Collectif? Voilà la question qui m’a turlupiné ces dernières semaines (soit depuis que j’ai pris ce poste)…

Michel Daigneault

J’aurais pu me laisser aller à la confidence et vous parler de la joie que suscite en mon âme l’arrivée de l’été, de la chaleur et du soleil. Ou de l’affection que je sens naître en moi pour cette université et cette ville dans lesquelles j’ai choisi de venir étudier il y a déjà presque cinq mois… Ou encore de mon enthousiasme face à cette opportunité d’expression qui m’est allouée pour la session d’été en tant que rédacteur en chef du Collectif

L’implication étudiante

J’aurais pu parler d’un sujet qui me tient à cœur: le manque d’engagement des étudiants dans les différentes associations et au journal étudiant. En fait, ce qui me trouble plus personnellement ici c’est qu’il n’y ait pas plus d’étudiants intéressés à profiter de cette tribune offerte par leur journal pour exprimer leurs idées, leur opnion, leurs intérêts. Je ne comprends pas qu’il n’y ait pas un surplus d’articles à chaque parution. Il me semble que ce devrait être le propre de tout étudiant universitaire d’avoir une opinion et l’envie de l’exprimer et de la soumettre au débat… Heureusement, ceux qui décident de s’engager réellement dans la vie universitaire réussissent à combler ce manque souvent par leur dévouement et en ne comptant pas leurs heures. L’enrichissement personnel que représente l’engagement bénévole dans la vie de la communauté, de quelque nature qu’elle soit, mais plus particulièrement étudiante ici, est tel qu’il me semble souvent supérieur en valeur qu’une rémunération monétaire… Si ce ne sont ni le manque de variété dans les possibilités d’articles, ni le manque d’intérêt à s’exprimer (je n’ose croire que ce puisse être le cas!), je me demande ce qui explique ce manque d’engement des étudiants.

 

Témoignage de Henri-Paul Rousseau

J’aurais pu choisir de parler du témoignage de Henri-Paul Rousseau qui avait en cette veille de la production de votre mensuel favori (!) – soit mercredi le 20 mai – et des nombreuses interrogations laissées sans réponse qu’il soulève sur toute la question de la gestion de la Caisse sous son règne. Lire ici la question épineuse des liens entre Coventree (fournisseur des actions du papier commercial PCAA dont la Caisse est l’un des principaux actionnaires) et la Caisse de dépôt, le montant anormalement élevé de l’investissement dans ces mêmes PCAA (12 milliards de dollars, alors que le deuxième plus important actionnaire n’en avait que deux), le changement à la loi de la Caisse, en 2004, par le gouvernent Charest faisant du rendement le principal objectif des politiques de placement de la Caisse au détriment du développement économique du Québec et d’une saine gestion des risques, les «erreurs» (orientées?) d’évaluation des rendements de la Caisse lors des années d’arrivée et de départ de M. Rousseau soulevées par le journaliste de la SRC Gérald Filion, les politiques de primes de rendement instaurées au tout début du règne de M. Rousseau, etc.…

Absence (encore!) remarquée aux célébrations de la Journée des Patriotes

J’aurais pu écrire sur un sujet qui m’agace particulièrement: depuis le début de son mandat, le premier ministre Jean Charest ne daigne se pointer le nez à aucune des activités organisées dans le cadre de la Journée des Patriotes. C’est cette année, de surcroît, qu’on fête les 175 ans des 92 résolutions qui ont mené aux troubles de 1837-38 et à la pendaison de 12 Patriotes et de la fondation de la Société St-Jean-Baptiste de Montréal. Ces 92 résolutions forment en fait la base de ce qui deviendra éventuellement la démocratie québécoise. Comment le premier ministre d’une nation peut-il se contenter d’un simple communiqué émis par son bureau (qu’il n’a probablement même pas lu), alors que l’on commémore un événement de cette importance historique? Et les 175 ans de la fondation de la SSJBM? Si prises séparément ces deux célébrations ne peuvent attirer l’attention de notre premier ministre, ni même leur combinaison, comment espérer qu’il tienne compte des intérêts de sa nation au détriment, parfois, de ceux de son parti ou de ses propres intérêts? Moi, ça me dépasse et j’aurais bien aimé faire un édito là-dessus!

Mais finalement, je ne vous entretiendrai de rien de cela… Je préfère encore faire durer le suspense et réserver l’expression de mon «opionite aigue» pour la prochaine parution. Après tout, ce n’est que mon premier éditorial à vie, et je ne voudrais pas vous dévoiler mes positions trop hâtivement et ainsi me priver de la possibilité de vous surprendre une prochaine fois…

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