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Categorized | Société

Agitation de l’étendard du racisme

Posted on 04 mai 2009 by admin

J’aurais voulu écrire autre chose que cette tribune libre. Comme parler des bulldozers qui me dérangent durant mes heures d’étude entre le pavillon multifonctionnel et les résidences. J’aurais souhaité avoir l’impression que les étudiants universitaires sont en mesure de saisir la différence entre dénonciation d’acte non démocratique et racisme. J’aurais voulu ne pas justifier la liberté de presse que les Québécois possèdent, toutes nationalités confondues, et ne pas avoir à revenir sur les faits qui ont été présentés dans l’article «Le REMDUS en eaux troubles».

Emmy Grand-Maison

Sachez que ce n’est nullement la couleur du nouveau président du REMDUS qui me dérange dans ce dossier, mais plutôt l’incapacité de quelque individu que ce soit à diriger seul cet organisme immense (simplement pour vous donner une idée, le REMDUS est membre de 40 comités actifs à l’UdeS). Comment un homme solitaire pourrait-il faire fonctionner des dizaines de services et gérer la communication avec les étudiants de deuxième cycle, avec pour seul plan d’action le gel des frais de scolarité des étudiants internationaux de surcroît? (Impossible, l’ancien CE a d’ailleurs été réadmis dans ses fonctions jusqu’à la prochaine assemblée générale). De plus, ce n’est pas la couleur des gens de la mobilisation qui est en cause, mais les procédés anti démocratiques qui ont mené à l’élection de l’exécutant qui m’ont semblé déloyaux et surtout indignes d’adultes cultivés et informés, étudiants de maîtrise, doctorat et diplôme et futurs leaders de notre monde.

Il aurait été question d’une représentation de Blancs du Ku Klux Klan, de Vietnamiens ou encore d’une délégation d’homosexuels ou de Québécois de la Faculté d’administration, les dénonciations auraient été les mêmes. Aucun de ces groupes n’a intérêt à se positionner contre une association reconnue, intègre et fonctionnelle, qui a à cœur l’intérêt de tous les étudiants de l’Université de Sherbrooke, armés d’un drapeau de combat et de l’argument du racisme.

Nous avons fait la grève durant un an pour empêcher le dégel des frais de scolarité. Tous les universitaires se sont mobilisés en 2005 pour éviter l’augmentation des frais de scolarité. Ce fut un échec, et comme les frais de scolarité de tous les Québécois, ceux des élèves internationaux ont aussi été augmentés (d’environ 13$ par session selon les données fournies pour la présente année), malgré la résistance et la volonté des groupes étudiants. Alors, la question est la suivante: prendre d’assaut deux associations déjà impliquées activement dans le dossier des frais de scolarité des étudiants internationaux, mais aussi dans d’autres dossiers d’envergure, en guise de «représailles» face à une décision gouvernementale représente-il une action démocratique, logique et respectueuse de tous?

Je bouille de constater que la race apparaisse dans ce dossier, car en vérité, elle n’y a pas sa place! Toute ma vie, j’ai grandi et travaillé aux côtés de gens de toutes nationalités. Yougoslaves, Haïtiens, Italiens, Colombiens ont tous pour moi des particularités culturelles qui n’enlèvent rien aux valeurs et aux actes d’une personne humaine. Les autres cultures m’ont apporté une richesse immense et m’ont permis d’avoir un esprit plus ouvert et du même coup, de mieux me connaître.

Que le journal pour lequel je travaille avec acharnement au détriment de mes occupations principales soit considéré comme raciste seulement parce qu’il dénonce une façon de faire qui en choquerait (et qui en a choqué plus d’un) continue de me répugner, et me démontre qu’en vérité, les étudiants en cause n’ont aucune excuse ni aucun argument valable d’avoir agi comme ils l’ont fait. Tout comme les Américains ont brandi le drapeau du terrorisme, le rassemblement de certaines associations internationales (l’Université en compte 14 actives, mais elles ne font pas toutes parties du regroupement spécial qui appuie Barham Thiam et Maurice Ngoko) utilise le racisme comme argument. Les leaders de ce rassemblement se sentent donc le besoin d’agiter l’étendard du racisme pour justifier leurs actes et cacher le manque de substance de leur argumentation. Quel coup bas, dans une société québécoise universitaire, ouverte sur le monde, fière de ses étudiants internationaux et surtout multiculturelle!

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