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Categorized | Culturel

Autres considérations sur la critique

Posted on 29 mai 2009 by admin

J’avais manqué d’espace l’autre fois… En repensant à ce que j’avais écrit, je trouvais qu’il convenait d’apporter certaines nuances, de compléter mon idée. Ensuite, j’aimerais aborder un thème que je poursuivrai plus tard, soit un petit constat général de l’état de la culture au Québec, qui se porte tout de même assez bien, ma foi! Du moins, je le crois.

Louis Pascal Perreault

Coucou, c’est encore moi! La dernière Assemblée générale m’a fait confiance pour un deuxième mandat. Je l’en remercie et je tenterai d’en être digne. Je salue du même coup les nouveaux arrivants au Collectif, et leur souhaite beaucoup de plaisir dans leurs responsabilités. Alors, poursuivons!

Critique prise 2

Ma dernière prise de position voulait défendre la fonction de critique. Son mandat est de maintenir la production artistique alerte (innovatrice et non complaisante), en plus d’aider le public à s’orienter dans ce riche univers. Inspiré des propos du cinéaste et critique Denis Côté, je soulignais l’importance de former des critiques «cultivés».

Dernièrement, je repensais à une phrase de Ken Burns. C’est un grand documentariste américain, qui a fait des séries très élaborées sur le baseball, sur la 2e Guerre, sur le jazz… C’est cette dernière que je connais bien. Un chef-d’œuvre en 10 épisodes de deux heures chacun, ou le cinéaste dresse un portrait socioculturel de l’Amérique à travers l’émergence de toutes les formes que cette musique a endossées. L’histoire de la ségrégation y est bien sûr très présente.

Ken Burns a déjà dit: «Les pires ennemis du jazz sont les critiques». Il touche un point.

Cela nous renvoie à la notion de puriste, et on trouve des puristes partout. Ils agissent comme des «gardiens du dogme», ce qu’était, avant d’être Pape, le très conservateur Benoit XVI. Les puristes sont probablement l’espèce la plus cultivée de la famille des critiques… Par contre, plusieurs questions se posent quand on en arrive à ce niveau pointu de la critique, comme : à quoi ça sert, qui ça sert, à qui cela s’adresse-t-il et surtout, est-ce que l’intransigeance extrême sert vraiment l’art que l’on veut défendre? Il n’y a pas de réponse absolue. Je voulais simplement souligner la difficulté d’objectiver la subjectivité, d’atteindre l’équilibre entre la complaisance et la recherche absolue de critères de qualité dans une œuvre, entre le critique trop sévère et celui qui aime tout inconditionnellement.

Quand Claude Gingras critique la robe verte d’une musicienne, il y a certes dérapage et mauvaise foi. Comme les créateurs, certains critiques devraient être capables d’un minimum d’autocritique et questionner leurs motivations. Voilà!

Une culture en santé (1re partie)

Dans l’ensemble de mes éditoriaux, j’ai fait état du manque de culture dans les médias, de la précarité financière du milieu, de l’injustice des coupures du gouvernement Harper, de la relation parfois fragile entre les artistes et la population. Ça, c’était pour le côté plus sombre de la réalité culturelle. Il faudrait aussi parler de ses dimensions plus positives.

Dans une chronique récente, Pierre Foglia m’a bien fait rire en décrivant la télévision italienne comme la pire au monde, plus néfaste encore que les télévisions mexicaine et espagnole. J’étais du même coup surpris d’apprendre que des pays comme l’Italie et l’Espagne, des musées à ciel ouvert dont les cultures millénaires embrassent tout ce qu’il y a d’universel et d’éternel en l’humanité, se retrouvent au sommet du palmarès de la médiocrité. Comment se fait-il qu’une petite nation comme le Québec puisse se comparer avantageusement à de telles références? Remarquez, monsieur Foglia parlait du pire… Il faudrait aussi comparer le meilleur. Est-ce qu’une culture aurait tendance à descendre aussi profondément dans les bas-fonds qu’elle peut monter haut dans les étoiles ? Je ne «creuserai» pas plus la question pour l’instant. Par contre, j’aimerais, dans le prochain numéro, regarder positivement notre production artistique générale. Alors, stay tuned! Passez un bel été, et bons spectacles.

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