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Categorized | Société

Barack Obama et l’ouverture cubaine

Posted on 04 mai 2009 by admin

L’hyperactif président des États-Unis vient d’ouvrir un nouveau dossier: la question cubaine. En annonçant une ouverture de l’embargo le 13 avril dernier, il cherche à définir une nouvelle donne pour la région et se place une fois de plus comme un acteur incontournable du système international.

Jérémy Wauquier

Le geste est symbolique et fort. Les Cubano-Américains pourront désormais voyager sur leur île en toute liberté. Ils forment une population non négligeable. En effet, le Los Angeles Times indique que près de 1,5 million d’Américains ont de la famille sur l’île. Cette décision amorce ce qui pourrait ressembler à une rupture de l’embargo imposé par les États-Unis à Cuba. Les agences de voyages ne s’y trompent pas: Cuba Travel Service travaille d’ores et déjà à la mise en place d’une ligne aérienne reliant Los Angeles à la Havane.

Par ailleurs, le gouvernement Obama a débloqué l’envoi de fonds vers l’île. Ce procédé est notamment utilisé pour faire vivre des familles entières avec le salaire d’un des leurs expatrié aux États-Unis. Ce mode de transfert représente la troisième source de revenus de l’île, derrière le tourisme et l’exportation.

Néanmoins, la période traversée actuellement par Cuba est difficile, puisqu’elle correspond à la passation de pouvoirs entre Fidel et Raúl Castro, les deux frères, relativement âgés à présent. Le régime vit donc une fragilisation, et le relâchement de l’étau américain pourrait avoir comme effet une implosion du régime devant l’arrivée de cette nouvelle donne.

C’est pourquoi Raúl Castro a répondu à la demande de Barack Obama de «faire un geste» en affirmant que ce n’était pas à Cuba de faire «un geste». Il a par ailleurs ajouté: «Ce n’est pas Cuba qui empêche les entrepreneurs américains de faire des affaires avec les nôtres [...], ce n’est pas Cuba qui a une base militaire sur le territoire des États-Unis.» On voit ainsi que Cuba se place dans une position d’attente et de demande.

De plus, la divergence porte également sur la nature des dossiers mis en pourparlers. Alors que le président étatsunien voudrait une discussion sur «tout», Raúl Castro affirme vouloir exclure la sphère intérieure et les droits de l’homme. «Nous avons réitéré que nous sommes disposés à parler de tout avec le gouvernement des États-Unis, sur un pied d’égalité, mais non pas à négocier sur la souveraineté ni sur notre système politique et social [...] ni sur nos sujets internes», a déclaré Raúl Castro.

Les deux parties se retrouvent ainsi dans une situation d’attente mutuelle. Cuba est sous embargo américain depuis qu’elle a été considérée comme une dictature communiste en 1962. Elle compte quelque 200 «prisonniers politiques» qui font figure de véritable pierre d’achoppement dans les relations cubano-américaines.

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