Le 31 mai prochain se terminera officiellement le deuxième et dernier mandat du recteur de l’Université de Sherbrooke, Bruno-Marie Béchard. Pour souligner son départ, faisons un bref retour sur les nombreux projets qui ont vu le jour sous sa gouverne.
Olivier Robichaud
Ils sont en effet nombreux. Le nom de l’ex-recteur en devenir est naturellement associé à une multitude de développements qui ont changé le visage de l’Université. Et pas seulement sur le plan physique: l’aménagement d’un espace vert devant les facultés d’éducation et de lettres et sciences humaines n’est que le sommet de l’iceberg.
Les campus satellites
Depuis longtemps déjà, l’UdeS offre des cours dans quelques petits locaux à Longueuil, à Saguenay et à Moncton. Ces bureaux seront appelés prochainement à devenir de véritables centres universitaires. Le tout nouveau campus de Longueuil, en particulier, fut un projet d’envergure considérable. En entrevue avec un journaliste du Devoir, M. Béchard a qualifié la grande tour au pied du pont Jacques-Cartier de «première construction universitaire de la Rive-Sud». Y seront offerts principalement des programmes de 2e et de 3e cycle, ainsi que de la formation continue pour les professionnels désirant approfondir leurs connaissances.
À Saguenay et à Moncton, c’est toute la faculté de médecine, ou presque, qui est transposée. Ces deux centres de formation ont été ouverts pour répondre à un problème spécifique: la pénurie de médecins en région. L’idée est qu’en formant les médecins dans des régions plus éloignées, ceux-ci soient moins attirés par les grands centres comme Montréal et Québec, une fois leur diplôme en main.
Plus de programmes, plus de recherches, plus d’étudiants…
L’effervescence de l’UdeS, depuis le passage de Bruno-Marie Béchard au rectorat, se traduit très bien en chiffres. Le nombre de programmes offerts a doublé depuis huit ans, et pas seulement à cause du campus de Longueuil, tandis que la recherche scientifique a quadruplé. Tout un complexe, le Parc Innovation a même été construit pour ceux qui étudient en génie à l’Université. Un projet que le recteur avait à coeur, lui qui est ingénieur de formation.
Tout naturellement, la bisbille entourant les nouveautés de l’UdeS a attiré son lot de curieux. Les étudiants sont maintenant 25 % plus nombreux à s’inscrire ici qu’auparavant.
L’environnement
Plusieurs politiques mises en place pendant le mandat de M. Béchard ont été très favorables au développement d’une conscience environnementale au sein de la communauté universitaire. Confronté à une pénurie d’espaces de stationnement, le recteur a décidé qu’il serait préférable de favoriser le transport en commun plutôt que d’agrandir les aires d’asphalte. Est donc née, en 2004, l’entente entre l’administration de l’Université, la Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke (FEUS) et la Société de transport de Sherbrooke (STS), offrant gratuitement les transports en commun aux étudiants de l’UdeS.
L’engouement pour les transports en commun est maintenant tel que l’Université peut même se permettre de réduire le nombre places de stationnement en aménageant un petit parc naturel entre les vieilles résidences et les bâtiments A1 à A4. Dans le communiqué annonçant sa création, l’Université la qualifie même de «véritable oasis».
Quelques embûches
Évidemment, il n’y a pas eu que de belles choses pendant les huit années de règne de M. Béchard. On se souviendra notamment du conflit entre le Collectif pour une université libre (CUL) et Chartwells à propos des «bouffes solidaires». Trois étudiants avaient été appelés à paraître devant le comité disciplinaire de l’UdeS pour avoir distribué gratuitement de la nourriture sur le campus, enfreignant ainsi le monopole de Chartwells sur la nourriture vendue sur le campus. Grâce aux pressions des étudiants d’ici et d’ailleurs (notamment à Bishop’s) et de certains groupes comme Québec Solidaire, l’Université a décidé de reculer sur cette question et de permettre les cuisines collectives du CUL, organisées toutes les semaines à la Faculté des lettres et sciences humaines.
L’administration de l’Université s’est également fait taper les doigts sur la question de la présence de l’anglais sur le campus, surtout dans la Faculté de médecine et des sciences de la santé. Une petite controverse avait même éclaté autour de quelques affiches unilingues anglaises apposées sur les murs de cette faculté. Plusieurs groupes de défense du français, dont le Mouvement estrien pour le français (MEF), s’étaient plaints et le doyen de la faculté, le Dr Réjean Hébert, les avait fait retirer. La direction de l’Université a par la suite renversé cette décision alors que le Dr Hébert était en congé sans solde (il briguait alors un siège à l’Assemblée nationale).
En conclusion, après huit ans à la barre de l’Université de Sherbrooke, Bruno-Marie Béchard peut toutefois être fier d’avoir relancé cette institution pour la mettre au premier plan des universités québécoises. Les changements qu’il y a apportés ont amélioré la qualité de vie des étudiants et de toute la communauté universitaire. Ce n’est pas pour rien que c’est l’université canadienne la plus appréciée de ses étudiants, selon le magazine Maclean’s.

