Parfois, la science nous permet de mieux comprendre le monde qui nous entoure. L’art quant à lui, donne une image différente de ce que nous captons visuellement. L’art permet à l’homme d’observer son univers sous un angle plus créatif que celui de la réalité perceptible. Le Centre d’excellence en génie de l’information (CEGI) a trouvé une façon de rallier ces deux domaines longtemps considérés comme opposé: par la photo.
Emmy Grand-Maison
Le CEGI, le Centre d’excellence en génie de l’information de l’Université de Sherbrooke, poursuit des activités de recherche allant de l’ingénierie des nanomatériaux jusqu’aux systèmes et algorithmes de télécommunication. Plus de 150 personnes de l’Université œuvrent au développement de la recherche. Le Centre désire répondre aux besoins de l’industrie par une maîtrise intégrée de l’ensemble des secteurs qui contribuent à l’acquisition, à la représentation, au traitement, au transport et à la communication de l’information.
Le CEGI et ses collaborateurs ont organisé la fin de semaine des 8 et 9 mai derniers, le festival scientifique d’arts et de vulgarisation «C’est plein de bon SciENceS!». Le festival comprenait un concours scientifique de photographies et de courts métrages qui mettaient en valeur les travaux des membres du regroupement de génie informatique. Les plus belles œuvres sélectionnées ont été exposées au musée des Sciences et de la nature dans la cadre des 24 heures de la Science et les visiteurs ainsi qu’un jury ont voté pour déterminer les gagnants. De plus, des reproductions des œuvres étaient disponibles pour la somme de 10 $. Ce montant était versé directement à Centraide, un organisme estrien qui soutient des organisations bénévoles et communautaires engagés directement auprès des clientèles les plus démunies et vulnérables de la région.
Le CEGI, en plus de permettre une visibilité aux scientifiques et de financer des organismes comme Centraide, vise à offrir aux chercheurs un environnement de recherche unique favorisant un modèle d’interaction académique industrielle à travers des projets scientifiques concrets. Parmi les secteurs d’application auxquels sera voué le CEGI, notons: la robotique mobile, la photonique, les télécommunications, la médecine, la kinésiologie, la recherche clinique, le traitement de signal. etc. Le CEGI définira la norme de transfert technologique en génie de l’information en regroupant une masse critique de chercheurs chevronnés de multiples disciplines, ainsi que de milieux académiques et industriels et en centralisant ses activités dans un pôle physique unique.
Le concours organisé par le CEGI était ouvert à tous. Il suffisait de soumettre une photo par courrier électronique, accompagnée d’un titre et d’un court texte accrocheur d’au plus 30 mots
rédigé en français. Ce texte devait décrire l’image et/ou le phénomène physique photographié afin que le public comprenne bien de quoi il s’agit.
Les œuvres étaient jugées en fonction de l’appréciation, de l’originalité, de l’esthétique, de la vulgarisation et de la technique de photographie. Les quinze jurés et membres de la communauté scientifique de Sherbrooke ont désigné les trois œuvres suivantes comme les gagnantes.
Le Premier prix 2008 a été remis à Maïté Volatier pour sa photo intitulée « Nano-ficello »
Ce mur vertical de 100 nanomètres* a été trop effilé, il en a perdu sa rigidité ! Il y a donc parfois des limites physiques à la réduction des dimensions… *Chaque fil obtenu est 1000 fois plus petit qu’un cheveu.

Le gagnant du deuxième prix 2008 est Raymond Hamel pour l’image intitulée «Micro Feu».
Photo prise sur un microscope à épifluorescence des fibres d’un bout de papier imprégné d’une molécule fluorescente (FITC). Couleurs ajoutées à partir d’une photo noir et blanc. (Grossissement 10X).

Finalement, le troisième prix 2008 a été remis à Gilles Grondin, pour sa photo «Cryosection».
Coupe de rein de souris. En bleu l’ADN, en rouge, l’actine et en vert, les glomérules. On voit une artère (bouche), des tubules distales (yeux) et des proximales (oreilles).
Quelques autres exemples d’œuvres scientifiques;
« Halo Électronique » ; Vue de l’électronique d’un tomographe d’émission par positrons (TEP) qui permet d’examiner l’intérieur d’un être vivant sans recourir à la chirurgie. A

«Cauchemar de voisin» ; Un tuyau métallique d’un diamètre d’un micron qui a été formé à cause de la faible adhérence du métal à la surface d’un semi-conducteur au fond d’une tranché lithographiée dans une résine photosensible. « L’eau coulante est un photomontage ».

«Crystal City» ; Détecteur composé d’un bloc de photodiodes à avalanche et de cristaux d’ortho silicate de lutécium-yttrium. L’acheminement de la lumière au travers de la matrice cristalline est facilité par la présence d’un réflecteur performant.

[EXERGUE]
«Au-delà de l’image, la science se dévoilera à votre regard»

