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Categorized | Culturel

CRITIQUES

Posted on 04 mai 2009 by admin

Critique film

State of Play (Jeux de pouvoir, v.f.), Kevin Macdonald, États-Unis, 2009, 127 min.

Pier-Olivier St-Arnaud

C’est après deux années d’absence que revient au grand écran, avec une brochette épatante d’acteurs et d’actrices, le directeur du célèbre The
Last King of Scotland, Kevin Macdonald. Russell Crowe, Ben Affleck et Rachel McAdams, pour ne nommer que ceux-là, font partie de la distribution de ce film à petit déploiement. On ne retrouve d’ailleurs que très peu de publicités visuelles pour attirer le cinéphile en salle. Alors si la distribution épate, si le scénario semble intéressant, et si le sujet en est un épineux aux États-Unis, qu’en est-il au final?

Cal McAffrey (Russell Crowe) et Della Frye (Rachel McAdams) sont deux journalistes du Washington Globe qui enquêtent sur la mort suspecte de l’assistante d’un homme politique (Ben Affleck), célèbre pour la vigueur avec laquelle il tient tête aux plus grandes compagnies militaires de l’État. Le scénario attire l’esprit du cinéphile dès le début, et l’enquête que les journalistes effectuent semble vraisemblable et palpitante… jusqu’à la moitié de la projection. Alors qu’on évoque les complots et les conspirations, la longueur de l’œuvre nous ramène vite sur terre, et le spectateur voit l’histoire se dégrader au fil des minutes. En réalité, passé la moitié du film, on en est à se demander si le directeur n’est pas parti en cours de route pour laisser sa place au caméraman du plateau de tournage. Sans compter qu’au final, l’œuvre semble avoir été raccourcie d’une vingtaine de minutes, ce qui la rend encore plus incompréhensible. Il est toutefois intéressant de souligner la performance de Ben Affleck, un acteur en dégringolade qui semble s’être repris le temps de ce long-métrage.

En conclusion, Jeux de pouvoir représente un bon divertissement pour les amateurs de coulisses politiques, sans plus. Ce n’est probablement pas une œuvre que vous voudrez revoir. Au fond, le film ne vaut pas vraiment le déplacement, et, si vous êtes patients, le format DVD vous conviendra à souhait.

 

Critique CD

Parc Avenue, Plants and Animals, Secret City Records, 2008.

Michaël Janelle-Montcalm

Le trio Plants and Animals est en voie d’émerger sur la scène montréalaise. Sur Parc Avenue, le répertoire qu’il présente avec aisance se situe entre le folk et le rock progressif. La maîtrise du langage musical montrée par les membres semble une progression naturelle de l’héritage des Beatles, des Red Hot Chili Peppers, de Patrick Watson et d’Arcade Fire. C’est un parcours sans failles, heurts ou détours; une chaleureuse et rayonnante découverte de leur propre voix.

La majorité des chansons ont comme point de départ un riff de guitare. Le cœur du groupe est donc indéniablement rock, mais chaque pièce décolle dans une direction différente. Très progressifs, les arrangements font appel à toutes sortes d’instruments inusités, tels que le vibraphone et la clarinette basse. Pas de stress, cependant: ce ne sont que des touches ici et là qui ne bouleversent pas l’écoute.

Polyvalente, la voix de Warren C. Spicer va chercher différentes textures à travers l’album. Dans Feedback in the Field, elle ressemble à un Anthony Kiedis contrôlé alors qu’elle sonne plus diffuse dans la psychédélique Faerie Dance. Différents thèmes sont abordés sur le disque de manière poétique: l’amitié, le temps qui passe, l’amour, l’avenue Parc… Le côté sérieux est bien représenté par À l’orée des bois, où le groupe reste très évocateur et atmosphérique.

De l’autre côté, la pièce Bye Bye Bye est très entraînante et rappelle le classique Hello Goodbye. C’est attachant et extrêmement sympathique, malgré les décorations un peu bonbon. Pour convaincre de la capacité du groupe à manipuler la dynamique et la direction d’une pièce, une écoute de la valse rock New Kind of Love suffit.

Quoique très retouché, l’album fait quand même ressortir la complicité permanente des musiciens. Vous voulez vous préparer à célébrer l’été? Ce disque est assurément une lumineuse source de bonne humeur!

 

Critique livre

Paul à Québec, Michel Rabagliati, la Pastèque, 2009

Valérie Godhue

Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, la série des Paul de Michel Rabagliati garnit les tablettes des libraires de bandes dessinées à saveur autobiographique depuis une dizaine d’années. Paul à la pêche, Paul a un travail d’été, Paul dans le métro… Les titres font un clin d’oeil aux Tintin et Martine de ce monde, mais le propos, lui, est beaucoup plus personnel. Si ses dessins sont souvent humoristiques et charmants, son plus récent album, Paul à Québec, nous entraîne dans un univers encore inexploré pour le bédéiste: la maladie et le deuil.

En visite dans la famille de Lucie pour la Saint-Jean-Baptiste, la famille de Paul apprendra la maladie de Rolant, père de Lucie. Dans les mois qui suivent, toute cette famille tricotée serrée se soutiendra et tentera de passer au travers de l’épreuve de la lente mort d’un proche. Je vous mets au défi de ne pas verser une larme, rire aux éclats ou réfléchir à votre propre famille lors de votre lecture: l’album est magnifique, touchant, tout en restant humble et simple dans le trait. L’humour demeure tout de même présent et vient tempérer la tristesse du récit avec des moments légers, entre autres avec des anecdotes croustillantes sur la rénovation d’une nouvelle maison, ou un moment attendrissant avec les soeurs de Lucie, pliées en deux de rire sur un banc de parc, un joint à la main…

Fort de ses années d’expérience, Rabagliati fait confiance à ses dessins et leur laisse plus de place que jamais, retire le texte et laisse des cases silencieuses pour privilégier une montée dramatique puissante, poignante. On retrouve des situations moins anecdotiques que dans les albums précédents, un Paul plutôt pensif et toujours aussi vrai. L’album est bouleversant sans être déprimant et dépasse même les attentes plutôt élevées des lecteurs qui patientaient depuis deux ans. À découvrir absolument.

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