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Categorized | Culturel

Critiques

Posted on 29 mai 2009 by admin

Critique film


Star Trek v.f., États-Unis, 2009

Pier-Olivier St-Arnaud

Alors que Star Trek représente, dans l’esprit des amateurs de la série, «la dernière frontière», il ne semble pourtant pas y avoir de limites quant à l’exploitation de la franchise. D’ailleurs, suivant cette nouvelle mode hollywoodienne, on recommence à zéro, en créant un prologue au scénario. Ce qui surprend à première vue, c’est le choix du producteur, J.J. Abrams, un homme dont la spécialité est la création de séries télévisées comme Perdus et Alias. Le film a tout pour plaire, et ce, avant même sa sortie. La brochette épatante d’acteurs et d’actrices, l’énorme campagne publicitaire et l’utilisation d’une franchise déjà admirée par des millions de cinéphiles à travers le monde sont gage d’un succès assuré. Est-ce que J.J. Abrams aura su répondre à la demande, et par le fait même, rafraîchir l’image de Star Trek? C’est la question sur toutes les lèvres.

L’œuvre cinématographique que l’on présente au spectateur se donne un double objectif, celui de ramener au bercail les anciens amateurs de Star Trek et celui de convaincre une nouvelle génération que l’univers du capitaine Kirk n’a rien de vieillot. Le producteur, tout autant que les acteurs, y a mis les bouchées doubles, et est arrivé à un résultat plutôt étonnant. L’action, le suspense et l’humour s’entremêlent pour former un tout non seulement cohérent, mais passionnant. C’est avec surprise que l’on se surprend à s’agripper au fauteuil du cinéma alors que le U.S.S. Enterprise s’embarque dans une autre guerre intergalactique. Alors, la production atteint sa cible et réussit même à charmer les nouveaux initiés à la formule de Star Trek.

On qualifie déjà le film de «Iron Man de l’année 2009», un éloge qui en dit long sur la popularité sans cesse grandissante du nouveau né de Paramount Pictures. Au final, Star Trek va là où nul n’est encore allé, et livre bien la marchandise. Le scénario innove, les acteurs et actrices performent à merveille et les cinéphiles en demandent déjà davantage. Mission accomplie!

 

Critique livre


Dédé, Raymond Paquin, 2004, 237 pages

Christelle Lyson

Dédé, c’est André Fortin, le chanteur des Colocs, celui qui préférait la vie d’oiseau. Il s’est fait hara-kiri le 8 mai 2000 à l’âge de 38 ans. C’est comme ça que débute ce livre. À travers celui-ci, on découvre l’histoire des Colocs. Mais on en apprend surtout sur l’humain, sur ce que les différents membres du groupe ont vécu et sur l’impact que cela a eu sur Dédé. Ainsi, quand Patrick Esposito «di» Napoli, le meilleur ami de Dédé, meurt du sida, la vie de ce dernier bascule. C’était peut-être le début de la fin…

Finalement, de fil en aiguille, on postule que c’est le succès des Colocs qui est venu à bout de Dédé. À force de ne vouloir décevoir personne, il est devenu trop exigeant envers lui-même et comme le mieux est l’ennemi du bien… Tout au long du livre, l’auteur fait référence aux chansons écrites par Dédé, telles que Belzébuth, Le répondeur, Tassez-vous de d’l'a. Cela ne peut nous empêcher de constater que le geste de Dédé était dans l’air. Peut-être inconsciemment lançait-il un appel… un peu comme son «adieu» lancé au public à la suite d’un concert.

Dédé est un livre simple, plein de respect et d’amitié, écrit par un gérant, mais surtout par un ami. Raymond Paquin ne se prononce pas sur les pensées des autres, ou les relations des autres avec Dédé. Il se contente de raconter ce que lui a vécu et ressenti. Ce livre aussi nous permet sans doute aussi de combler une certaine curiosité, parce que les paroles des chansons sont équivoques, parce que la mort attire toujours, parce que nous sommes tous un peu voyeurs… Mais, quoi qu’il en soit, ce livre nous pousse à réfléchir, parce que le suicide est un sujet délicat, synonyme de lâcheté pour certains. Mais, se faire hara-kiri… n’est-ce pas le dernier geste noble du samouraï?

 

Critique CD


Stéphanie Lapointe, Donne-moi quelque chose qui ne finit pas, 2009, Musicor

Valérie Godhue

Cette année, l’ex-académicienne sortait son deuxième album après quatre années de musique, de cinéma, d’implication sociale (voyages en Afrique) et, surtout, une peine d’amour. Bien sûr, sa voix douce, pour ne pas dire son filet de voix, ne plait pas à tous, surtout pas aux amateurs de voix fortes et puissantes de la téléréalité d’où elle émergeait en 2005. Pour s’initier à son nouvel opus, mieux vaut déjà lui porter un intérêt et être réceptif.

À la première écoute, je suis étonnée à la fois par une voix encore plus aiguë, fine, voire enfantine et par les arrangements magnifiques qui l’accompagnent. La discrète artiste se plaît à jouer dans des sonorités peu commerciales, très personnelles. Les premières pièces sont franchement délicieuses, mais une certaine monotonie s’installe au fil des chansons. Hormis deux collaborations de Pierre Lapointe, reconnaissables dès les premières notes, les textes peuvent décevoir. Sous des airs de poésie se dessinent des thèmes un peu vides, ou du moins assez communs, comme si les chansons avaient été écrites par une grande ado en mal de vivre qui arrive difficilement à décrire l’état qui l’habite.

Autre détail: plus je me familiarise avec le gravé, plus les emprunts aux années 60 m’agacent. Je pense surtout à la reprise douteuse de Bang bang, dont le disque aurait bien pu se passer. En gros, j’aurais souhaité un album plus engagé, plus assumé, moins fleuri, moins naïf. Par contre, certaines pièces présentent des mélodies plutôt intéressantes, entre autres On est loin, Eau salée et Une fleur.

Donne-moi quelque chose qui ne finit pas n’est pas la découverte de l’année, mais réussira certainement à en charmer quelques-uns, en plus d’avoir le mérite de s’éloigner de tout produit académicien. Malgré les réserves évoquées, cet album demeure une œuvre originale avec de très belles textures et mélodies. À découvrir doucement et la tête vierge.

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