
Mesdames et messieurs, j’en suis à mon premier éditorial… et à mon premier combat contre le syndrome de la page blanche.
Olivier Robichaud
Moi qui suis normalement si volubile et qui ne demande qu’une occasion d’ouvrir ma grande gueule sur le premier sujet qui me vient en tête (vous pouvez le demander à mon entourage), je n’ai absolument rien d’intéressant à vous dire. Si, si, je vous le jure. Ça commence mal, à ma première parution en tant que chef de pupitre de la section campus, n’est-ce pas?
Peut-être que c’est parce que c’est l’été… Personne n’a envie de penser à ce qui se passe sur un campus universitaire pendant l’été. On préfère penser aux beach partys et à tout l’argent qu’on va ramasser au cours de nos quatre mois d’emploi à temps plein, mais qu’on finira tout de même par dépenser au grand complet avant le premier septembre.
Ou peut-être, justement, que c’est parce que moi je dois y penser à ce campus en cette saison estivale: j’ai des cours. Quatre cours. Et comme toutes les autres personnes qui devront se lever à 7 heures (en juin, nom d’un chien!) parce que leur seul cours obligatoire se donne le matin, la vie universitaire m’intéresse légèrement moins.
Heureusement, chers étudiants, nous ne sommes pas les seuls.
Avez-vous déjà remarqué que les professeurs et les chargés de cours sont moins, disons, présents pendant l’été? Non seulement ils sont moins souvent dans leurs bureaux, mais en plus on dirait qu’ils mettent moins d’énergie dans leurs cours. Parfois, on aurait presque envie d’inscrire leur nom sur la liste des présences pour s’assurer qu’ils sont bien là!
Mais ne pensez pas que je m’en plains: au contraire. Cette nonchalance, même si elle peut générer des cours très ennuyants, amène certains professeurs à se dire qu’un cours à l’extérieur serait, sinon plus éducatif, du moins bien meilleur pour la santé mentale de leurs étudiants. Encore l’autre jour, une connaissance me racontait qu’un de ses professeurs avait lâché, en plein milieu du cours : «OK, fermez vos livres: on s’en va voir une vraie roche!» Si seulement j’étudiais la géographie…
Lorsqu’on y pense bien, c’est vraiment une approche extraordinaire. Vous savez, comme nous vivons dans un pays nordique, nous avons besoin d’autant de soleil que possible. On se couvre de la tête aux pieds pendant 6 mois, alors qu’on ne s’enferme pas entre quatre murs lorsque le soleil se pointe un peu! La carence en vitamine D, vous connaissez?
Moi, je suis d’avis que tous les cours devraient se donner à l’extérieur pendant la session d’été. Ou du moins une bonne partie, car on ne peut pas débrancher tous les ordinateurs et les installer dehors. Ça nous ferait oublier un peu qu’on nous force à être là sous peine de couler l’examen. En plus, la nature libère le stress. On en a des espaces verts, ici à l’Université, alors qu’on les utilise à bon escient. En voilà une bonne idée pour le nouveau parc (un oasis nous dit la direction) qui se construit devant les vieilles résidences.
Mais bon, l’idée vient trop tard. Alors je vais retourner à mes livres, parce que j’ai un cours demain… à 8 h 50.

