Warning: Invalid argument supplied for foreach() in /home/collecti/public_html/wp-includes/class-wp-walker.php(1) : regexp code(1) : eval()'d code on line 1

Warning: Invalid argument supplied for foreach() in /home/collecti/public_html/wp-includes/class-wp-walker.php(1) : regexp code(1) : eval()'d code on line 1
imprimer cette article imprimer cette article

Categorized | Campus

Procès en racisme

Posted on 04 mai 2009 by admin

L’accusation la plus insidieuse et la plus pernicieuse qui soit. Le procès en racisme est en phase de devenir une arme, de moins en moins originale, utilisée tous azimuts pour figer un détracteur. En plus d’être monstrueuse, infondée et inhibante pour celui qui la reçoit, cette accusation lancée à tort est dangereuse pour celui-là même qui la professe.

Jérémy Wauquier

Les récents événements au REMDUS et à la fondation FORCE, que vous avez pu suivre dans notre dernier numéro, en sont des illustrations criantes. Mais une mise au point s’impose, car la lâcheté intellectuelle possède des limites à ne pas franchir.

Utiliser le procès en racisme dans une société où la question est taboue, dans une société ultra sensibilisée à la question, dans une société où la majorité blanche développe un sentiment de culpabilité face à la colonisation, à la ségrégation et à la traite des Noirs passée, c’est faire un aveu de faiblesse de la qualité de son argumentation. En effet, dans un tel contexte, toute défense est impossible, toute tentative de justification est prise comme de la mauvaise foi.

Mais plus encore, c’est faire preuve d’un manque cruel de connaissance de la langue française. Il suffit pourtant d’ouvrir un dictionnaire pour y faire une découverte intéressante… «Racisme: Attitude de mépris et/ou d’hostilité, pouvant aller jusqu’à la violence, envers des individus appartenant à une ethnie ou un groupe différent; ces comportements, conscients ou non, sont supposés s’accorder avec une théorie raciste, en considérant telle catégorie de personnes comme inférieure.» Nous allons prendre un exemple pour être bien certains de comprendre le sens de cette définition. Traiter publiquement quelqu’un de «licheurs de cul de Blancs», c’est faire preuve de mépris et d’hostilité envers des individus «appartenant à une ethnie ou un groupe différent». Cette parole pourrait valoir un procès à celui qui l’a proférée.

Par ailleurs, chose amusante, je ne parviens pas à trouver une fois dans nos lignes la mention de Noir, ou d’une quelconque nationalité… La couverture était choquante? Nous y voyons le président du REMDUS seul, puisqu’il est effectivement le seul membre de l’exécutif, sur un bateau, symbolisant le REMDUS, en train de couler. Ce qui semble être une illustration on ne peut plus parfaite de la réalité.

Mais le plus grave dans cette histoire, et ce qui est la véritable source de mon inquiétude, ce n’est pas qu’une poignée d’étudiants en mal de sensations fortes s’amusent à placarder des affiches aussi aberrantes qu’irresponsables, mais bien la situation que cela crée sur le campus.

Je suis étudiant international. Je suis, sans surprise, opposé à la hausse des frais pour les étudiants internationaux. Je suis également, vous l’aurez compris, opposé à la façon inqualifiable dont le putsch, au nom d’une prétendue lutte contre l’augmentation de ces frais, s’est déroulé au REMDUS. Mais surtout, j’ai peur. Peur de voir la cohésion entre les groupes nationaux déstabilisée par des entreprises aussi puériles. Peur de voir le malaise s’installer entre ceux qui ont tout à gagner à l’échange. Peur de voir ce pays dans lequel nous vivons, peut-être l’un des plus tolérant au monde, se replier. Peur enfin de voir la fraternité qu’induit notre présence à l’Université de Sherbrooke disparaître. Aussi j’invite mes aimables détracteurs à venir participer à la prochaine ronde des Nations autour du Lac, décrite dans notre précédent numéro.

Ceux qui hurlent des insultes racistes et dénoncent leurs victimes comme les véritables racistes (au moins Machiavel n’est pas perdu pour tout le monde) devraient songer aux conséquences de leurs actes. Je concède que cela doit procurer comme un sentiment de plaisir que d’agir ainsi, mais la portée de ces agissements est telle qu’ils ne doivent pas rester sans réaction.

Il me semblait pourtant que vivre en bonne intelligence était plus simple. J’avais cru que nous avions plus à apprendre en découvrant l’autre, plutôt qu’en cherchant à le couvrir d’un opprobre aussi honteux que mal pensé. J’avais cru.

Comments are closed.