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12 hommes rapaillés: quand la poésie devient populaire

Posted on 27 juin 2009 by admin

Pendant plusieurs semaines après sa sortie, l’album hommage à Gaston Miron s’est maintenu parmi les meilleurs vendeurs. Il continue aujourd’hui de tirer son épingle du jeu. Faut-il s’en surprendre? Oui et non. Ce disque rassemble après tout un poète majeur et quelques grosses pointures de la chanson québécoise.

Louis Pascal Perreault

 

Nous ne sommes pas de gros consommateurs de poésie au Québec. Ce n’est pas intégré à notre culture, comme c’est le cas dans beaucoup de pays d’Amérique du Sud ou en Russie, par exemple. Cependant, les chansonniers qui ont amené leurs textes à des niveaux très relevés font partie de nos références culturelles les plus fondamentales. Pensons à Félix Leclerc, à Gilles Vigneault, à Richard Desjardins, à Plume Latraverse même, dont on a fini par reconnaître la portée poétique. Il nous est peut-être plus facile d’apprécier la valeur d’un texte quand il est habillé de musique… Enfin, malgré tout, le recueil de Gaston Miron, L’homme rapaillé, paru un mois après la fameuse Nuit de la poésie (1970), fut à l’époque un bestseller. L’histoire se répète avec le disque.

 

Le projet de Gilles Bélanger

Gilles Bélanger est l’arrangeur, réalisateur et compositeur qui a caractérisé l’univers sonore de Chloé Ste-Marie. C’est elle qui voulait d’abord chanter des poètes: Gaston Miron, Gérald Godin, Patrice Desbiens, Denise Boucher, Roland Giguère… La collaboration entre les deux artistes ayant pris fin, Gilles Bélanger laissait en plan quelques chansons du poète qui ne furent pas endisquées. Il s’est dit: «Miron, c’est l’homme rapaillé; pourquoi ne pas réunir douze hommes? Douze, comme dans les douze apôtres… Et choisir des hommes, parce que Miron, c’est des angoisses de gars, c’est des ruptures, c’est des espoirs. Puis, la femme de Gaston, Marie-Andrée Beaudet, me disait qu’une voix d’homme sur des textes de Miron, c’était beaucoup plus près de l’essence du poète.»

 

Gilles Bélanger raconte encore que, oui, «le succès de l’album surprend un peu, mais en cours de réalisation, Pierre Flynn, Daniel Lavoie, Richard Séguin, Plume Latraverse et les autres sentaient qu’ils travaillaient sur quelque chose qui ne s’était pas produit depuis longtemps au Québec. Dans le respect des textes, une sorte d’homogénéité a été atteinte. La plupart de ces gars-là ont connu Gaston. De Plume, 65 ans, à Ian Perreau, 25 ans, trois générations sont représentées. Pour moi, il était important d’inviter des artistes qui savaient ce que c’est de faire une chanson et qui connaissaient Miron.»

 

C’est vrai que sur 12 hommes rapaillés est homogène, même si Gilles Bélanger (compositeur) et Jean-Louis Cormier (réalisateur) sont arrivés à rendre des styles différents pour chaque chanson, tout en laissant transparaître la griffe des interprètes. En plus de ceux déjà nommés, on retrouve Martin Léon, Jim Corcoran, Michel Rivard, Vincent Vallières, Michel Faubert, Louis-Jean Cormier et Gilles Bélanger lui-même. Oui, c’est un superbe album!

 

Sachez que dix de ces douze hommes seront rapaillés sur la scène du théâtre Maisonneuve le 8 août prochain, dans le cadre des Francofolies.

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