Lyne Fortin: une de nos fiertés en musique classique
27 juin 2009
Considérée comme une des plus grandes sopranos au pays, Lyne Fortin mène une carrière internationale. Elle présentait en février dernier un récital composé d’extraits d’œuvres vocales, à la salle Centennial de l’Université Bishop. À cette occasion, elle a accordé au Collectif une entrevue fort sympathique.
Louis Pascal Perreault
L’entretien se déroule sur un ton décontracté, simple et chaleureux. «Je jouais des maracas dans mon berceau», lance en riant la chanteuse. Elle a grandi dans la musique, avec une mère qui chantait et qui jouait du piano, un père violoneux, violoniste et multi-instrumentiste et un frère plutôt rocker. Entourée d’un arsenal d’instruments: piano, contrebasse, xylophone, euphonium… En fait, personne n’était musicien professionnel chez elle, mais la musique était comme une seconde nature. Elle a appris le piano et la lecture de façon autodidacte, avec l’aide de livres trouvés dans le banc de piano. Plus tard, elle suivra une formation à l’Université Laval et complétera des stages de perfectionnement au Centre d’arts Orford et en Autriche. Elle poursuit depuis une carrière qui l’a menée partout au Canada, aux États-Unis et en Europe. Elle faisait partie des premiers concerts des Violons du Roy et elle parle de Bernard Labadie, leur directeur, comme d’un chef d’orchestre marquant pour elle et comme d’un grand ami depuis le cégep, avec qui elle a fait les 400 coups.
La transmission de la musique classique
«La musique classique porte son nom, bien sûr, c’est classique! Par contre, on peut dire que la musique populaire d’il y a 600 ans est une musique classique aujourd’hui. Le classique est ce qui traverse le temps. Tout le monde a un certain respect pour ça.» C’est une façon de voir qui se défend. Ne dit-on pas « classic rock » pour désigner celui des années 1960 et 1970, celui que plusieurs jeunes d’aujourd’hui écoutent encore?
Lyne Fortin raconte que plusieurs répétitions générales d’opéra, à Toronto du moins, sont ouvertes aux écoles. Des adolescents remplissent la salle. «Ils sont un bon public; ils réagissent très spontanément à ce qui se passe sur la scène.»
Une grande interprète
La soprano a incarné bien des personnages dans bien des répertoires. A-t-elle une œuvre préférée? « On finit par aimer nos personnages. Je pourrais tout de même mentionner La Traviata, et tous les opéras de Mozart. » Elle travaillait cet hiver sur le Ert Vertburg de Schoenberg, une œuvre qu’elle a d’abord détestée, puis adorée pour la même raison: le défi technique. «Je peux passer une semaine pour apprendre une seule phrase, tellement c’est difficile!»
Le 8 février dernier au Centennial, on a pu apprécier sa virtuosité, sa maîtrise technique et sa présence scénique remarquable. Elle passait avec aisance du français, à l’espagnol et à l’allemand… La formule du récital peut paraître austère pour le non-initié à l’art lyrique. Mais personne ne peut rester insensible à la beauté de cette voix qui nous donne envie de voir la chanteuse s’exécuter dans tout le déploiement d’un opéra, avec orchestre, décors et costumes. Si vous apercevez le nom de Lyne Fortin sur un programme, ne ratez pas l’opportunité de la voir et de l’entendre dans un grand rôle!
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