Une Québécoise en Angleterre
Forte d’une brillante victoire face à la championne en titre de Roland-Garros, Aleksandra Wozniak peut espérer réaliser une belle performance sur le gazon mythique de Wimbledon. La Québécoise de 21 ans en est elle aussi convaincue : « J’y vais un match à la fois, mais les autres joueuses devront se méfier! »
Jessica Lapinski-Dejardin
Et comment! Sa victoire étincelante (6-0, 6-3) face à la Russe Svetlana Kuznetsova, cinquième raquette mondiale et deux fois titrée en tournoi du Grand Chelem, laisse présager que Wozniak pourra gagner quelques rencontres au All England Club. L’an dernier, elle avait accédé au deuxième tour, mais avait été sèchement éliminée par son amie Caroline Wozniacki.
L’histoire risque cette fois d’être différente pour la Québécoise originaire de Blainville. À Paris déjà, sur une surface certes différente mais aussi difficile à apprivoiser, Wozniak avait écrit un chapitre de l’histoire du tennis québécois en atteignant la ronde des 16. Il avait fallu le brio de Serena Williams, la deuxième joueuse au monde et championne de l’édition 2002, pour stopper sa séquence.
Ce beau parcours s’ajoute aux différents faits d’armes qu’elle a accomplis depuis l’an dernier. Après avoir surpris le monde du tennis en remportant le tournoi de Stanford – le premier titre d’une joueuse québécoise sur le circuit WTA – Wozniak a continué sur sa lancée en atteignant la finale à Ponde Vedra Beach et la demi-finale à Tokyo ainsi qu’au Challenge Bell de Québec.
Le capitaine de l’équipe canadienne de la Coupe Davis estime que la jeune championne est en mission : « Il m’a dit que j’étais »en feu » et que j’étais vraiment dans une bonne lancée. Je suis plus à l’aise sur le gazon et je veux rester dans ma bulle. On ne sait jamais ce qui peut arriver…», explique Wozniak.
Wozniak a battu trois joueuses parmi les dix meilleures au monde au cours de la dernière année, un résultat qui ne la laisse pas indifférente : « À force de jouer, et de gagner, contre des filles du top 10, on acquiert de l’expérience et de la confiance. On apprend aussi à gérer la pression, à s’ajuster selon l’allure des matchs.»
Même si un titre à Wimbledon demeure un objectif quasi irréaliste pour une joueuse classée à l’orée du top 20, Wozniak croit en ses chances: «J’ai toujours dit que mon objectif était de remporter un jour un tournoi du Grand Chelem. C’est pour cela que je travaille fort, que je m’entraîne chaque jour.»
Quand même, la joueuse de Blainville peut espérer au moins rééditer son exploit parisien, car elle est assurée d’affronter une tête de série au troisième tour seulement, en vertu de son classement. C’est le fruit de ce qu’elle a semé depuis l’année passée…

