Un 23 juin, sur les plaines à Québec, à crier «Bonne Saint-Jean !» à tue-tête et à brandir fièrement bière et drapeau: vous êtes-vous déjà interrogé sur l’origine de notre Fête nationale? Probablement pas: l’heure est trop à la fête pour se plonger dans des considérations historiques. L’histoire de la Saint-Jean-Baptiste n’en demeure pas moins tumultueuse et mérite bien qu’on en étale les moments phares.
Véronique Tétreault
Déjà à l’Antiquité, on fêtait, fin juin, le solstice d’été, début de la saison des récoltes. Au Moyen Âge, c’est l’ère de la christianisation. La fête païenne de l’Antiquité se voit alors attribuer une signification chrétienne et la fête du solstice devient la Saint-Jean-Baptiste. Le choix est symbolique: après le baptême de Jésus, Jean-Baptiste aurait déclaré : «Il faut qu’Il grandisse et que je diminue», tout comme les journées diminuent après le solstice.
Pourquoi, donc, associe-t-on cette fête séculaire à une nation qui n’existait même pas à l’époque? C’est que les traditions françaises ont traversé l’Atlantique en même temps que les colons français au 17e siècle. La fête de la Saint-Jean s’est particulièrement bien implantée. Au début de la Nouvelle-France c’est pourtant en mars qu’était célébrée la colonie. Mais les traditions se forgent dans un contexte précis, dans le cas présent un contexte de climat rigoureux peu propice aux réjouissances hivernales. La majorité préfère donc attendre le temps doux de juin pour exprimer sa ferveur patriotique.
La fête prend une ampleur telle que l’Église en fait une fête officielle dès la fin du 17e siècle. La Saint-Jean s’impose de plus en plus, les festivités se font de plus en plus… festives disons, et le clergé, réprouvant les excès qui en découlent, voit de moins en moins en cette fête une célébration religieuse.
Arrive alors le régime anglais qui marquera un tournant dans l’histoire de la Saint-Jean-Baptiste. La fête délaisse toute signification religieuse et revêt désormais une valeur politique. Le régime anglais force les colons français à se battre pour conserver leurs traditions. La Saint-Jean devient l’occasion pour les colons de crier haut et fort leur fierté de leurs origines françaises. La première célébration de l’événement en tant que Fête nationale aura d’ailleurs lieu en 1834, à la veille de la Rébellion des Patriotes.
Toutes ces années de lutte contre le régime anglais n’ont fait qu’embraser le feu de la Saint-Jean dans le cœur des québécois. Il faudra toutefois attendre plus de cent ans pour que la Saint-Jean-Baptiste soit officiellement déclarée Fête nationale des Québécois par René Lévesque, en 1977. C’est depuis cette année historique que le 24 juin devient journée fériée et chômée, comme toute fête nationale se doit.
Aujourd’hui encore, la Saint-Jean demeure l’occasion de célébrer sa fierté d’appartenir au peuple québécois. Que ce soit en admirant un feu d’artifice, en chantant autour d’un feu de joie ou en enfilant une caisse de 24, toutes les façons sont bonnes de fêter le Québec.
L’auriez-vous cru?
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Ce n’est qu’en 1842 que la Ville de Québec sera pour la première fois hôte des célébrations de la Saint-Jean-Baptiste, bien qu’elle était fêtée dans la Nouvelle-France depuis près de deux siècles.
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C’est lors des festivités du 24 juin 1880 que le Ô Canada est chanté pour la première fois. C’était alors le chant patriotique pour les Canadiens français.

