La formation originaire de Québec, The Lost Fingers, était de passage au Vieux Clocher de Magog les 18 et 19 juin derniers. Forts du succès de leur premier disque, ces agiles pinceurs de cordes ont fait vibrer la salle. Ils ont présenté du même coup leur nouvel album, réservé exclusivement au répertoire francophone cette fois.
Louis Pascal Perreault
Alex Morissette (voix et double basse), Byron Mikaloff (voix et guitare) et Christian Roberge (chant et guitare) sont de sacrés musiciens! La formule des Lost Fingers est très efficace: rendre des chansons populaires, jugées parfois un peu kitsch, à la façon du légendaire Django Reinhardt, père du jazz manouche. C’est en hommage à Django qu’ils ont choisi leur nom. Leurs costumes aussi sont volontairement kitsch. Un autre clin d’œil qu’ils assument très bien. En fait, ils ont l’air déguisés en trois joyeuses notes de musique, bicolores, tricolores, multicolores… Dans la salle, un public bien hétérogène et enthousiaste, des 25 à 65 ans… Ce style manouche actualisé, ce son «Django», où on mélange de légers accents de be-bop et de pop contemporain, séduit toutes les générations. Ils nous rappellent que dans les années 1920, 1930, et 1940, le jazz était la musique folle qui faisait danser l’Occident. C’est excitant de les voir jouer. Ils démontrent toute la puissance de l’acoustique. C’est fou ce que deux guitares, une contrebasse, un chanteur et deux choristes peuvent accomplir quand les musiciens sont relevés!
Un cadeau aux Québécois
Leur premier disque avait vraiment surpris et séduit instantanément, avec des reprises inusitées de Pump the jam, Incognito, Touch me et autres succès des années 1980.
C’est Byron, celui qui vient de Vancouver, qui a pensé consacrer le deuxième album au répertoire français et québécois, pour faire plaisir au public d’ici. Pour pousser ce plaisir, de nombreux artistes ont accepté l’invitation de collaborer à l’album: Daniel Lavoie, Nanette Workman, Michel Louvain, Robert Charlebois…
Un coup du hasard
Le groupe a connu une montée fulgurante. Peu après le lancement du premier album, ils se retrouvaient au Festival d’été de Québec, au Festival international de jazz de Montréal, puis à des émissions de télévision comme Caféine, Salut Bonjour, sans oublier la diffusion sur les grandes chaînes radio. L’engouement atteint maintenant la France. Selon Alex Morrissette, ils ont tout simplement «piqué la curiosité des gens. On ne s’attendait pas du tout à cette réaction. Pour nous, le concept, c’était presque une joke au départ. Un jour, Christian et Byron faisaient le plein dans une station service. La chanson Touch me jouait à la radio. Christian avait sa guitare dans les mains. Il s’est mis à accompagner la «toune» en y mettant la touche jazz manouche. Ils ont tout de suite eu l’idée de faire un enregistrement. L’histoire a démarré comme ça.» Reste à savoir où elle s’arrêtera, jusqu’où l’inventivité de ces jeunes virtuoses ira, jusqu’où ils pourront pousser leur jazz manouche hybridé.
Vous pourrez les voir à Sherbrooke en juillet, lors de la Fête du Lac des Nations. Sur une scène extérieure, ça va brasser!

