
Table de concertation des associations indépendantes:
Plus ou moins isolés du mouvement étudiant depuis leurs désaffiliations successives de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), le REMDUS et quatre autres associations étudiantes tentent de formaliser une troisième structure fédérale, en plus de la FEUQ et de l’ASSÉ. Elle s’appelle provisoirement la Table de concertation des associations indépendantes.
Olivier Robichaud
Cette troisième voie se veut une alternative crédible autant aux structures rigides et à la culture politique parfois douteuse de la FEUQ (Fédération étudiante universitaire du Québec) qu’au militantisme de l’ASSÉ (Association pour une solidarité syndicale étudiante). David Maurice, un ancien vice-président aux affaires externes du REMDUS qui s’occupe actuellement du dossier de la Table de concertation, explique les raisons derrière la manœuvre :
«L’idée, c’était qu’on [le REMDUS ndlr] représentait une association, en région, composée de 6000 étudiants. [...] En étant indépendant, on avait juste des relations bilatérales avec la Fédération, donc ça devenait un peu compliqué. [...] Alors on s’est dit, tant qu’à ne pas se sentir représentés par une association qui se dit représentante, pourquoi ne pas en créer une autre?»
Une autre, bien différente de celle que le REMDUS venait de quitter. En fait, selon la feuille de route préliminaire (les négociations sont toujours en cours), la décentralisation des décisions serait au coeur du fonctionnement de la Table. Celle-ci primerait d’ailleurs le consensus afin d’éviter les conflits internes. L’affiliation et la désaffiliation seraient également laissées entièrement à la discrétion de l’instance décisionnelle de chaque association, tranchant radicalement avec les règles très restrictives de la FEUQ. On se souviendra notamment qu’une controverse avait éclatée lorsque celle-ci, en riposte à la victoire du « Non à la FEUQ » ici à l’Université, avait resserré encore davantage les règles concernant la désaffiliation d’une association membre.
L’idée de la création d’une Table de concertation a été lancée en 2008, lors d’une assemblée générale du REMDUS tenue en pleine campagne de désaffiliation. Il avait été convenu à cette assemblée, parmi d’autres orientations, que l’exécutif entrerait en contact avec les autres associations qui n’étaient pas, ou plus, des membres de la FEUQ. « On voulait rester connectés avec le mouvement étudiant », de dire M. Maurice.
Une fois connue la victoire du camp du Non, le REMDUS a donc contacté le SSMU (Student Society of McGill University), l’AESSUQAM (Association étudiante du secteur des sciences de l’UQAM), l’AÉLIES (Association des étudiants de Laval inscrits aux cycles supérieurs) et la CADEUL (Confédération des associations d’étudiants et étudiantes de l’Université Laval). Ces quatre associations avaient tous, récemment, pris leurs distances vis-à-vis la FEUQ. Elles étaient très ouvertes à l’idée d’ouvrir de nouveaux canaux de discussion. Même que l’idée avait déjà été lancée.
« Il y avait eu la « Troisième coalition » qui avait été essayée par la CADEUL, qui visait à regrouper l’ensemble du mouvement étudiant, c’est-à-dire aussi les « assos » membres de la FEUQ et de l’ASSÉ. Par contre, il y a eu des problèmes à ce niveau-là parce qu’il y a eu des conflits au sein de la coalition, étant donné qu’il y avait des divergences au niveau des intérêts.»
Cette fois, les associations indépendantes ont décidé qu’il serait préférable de regrouper leurs forces et de définir leurs positions avant de penser à se lier avec les deux autres fédérations. Tout en restant ouverts à d’éventuelles coalitions avec celles-ci sur des sujets précis. Lorsqu’on lui demande s’il n’y a pas un risque d’une plus grande fracturation du mouvement étudiant en créant une nouvelle structure, David Maurice se montre optimiste : «Au niveau syndical (ouvrier), plusieurs syndicats peuvent représenter différents types d’employés, donc je pense qu’il y a quand même de la place pour une nouvelle représentation étudiante.»
Le mercredi, 17 juin dernier, M. Maurice a été réélu comme vice-président aux affaires externes du REMDUS. Cela lui permettra de poursuivre ses démarches dans le dossier de la Table de concertation avec toute la légitimité nécessaire.

