imprimer cette article imprimer cette article

Categorized | Campus

Un lamentable problème de priorités

Posted on 27 juin 2009 by admin

Il y a de ces nouvelles qu’on se demande pourquoi elles ne font pas plus de vagues. Quelqu’un veut deviner de quoi je parle? D’une nouvelle hausse des droits de scolarité!

Olivier Robichaud

Et oui! Le gouvernement Charest envisage de continuer l’augmentation vertigineuse des frais de scolarités, même après la date limite de 2011-2012. On se souvient tous que, juste après leur réélection en 2007, Jean Charest et ses libéraux ont annoncé une augmentation de 50$ par session des frais de scolarité sur 5 ans, un fardeau total de 1000 $ de plus par année à terme (50$ fois 10 sessions, fois deux sessions par année). Aucune mention n’avait été faite à l’époque de ce qui se passerait après 2012.

Or, je lisais l’autre jour, dans Le Devoir, que l’UQÀM s’attend à bénéficier de telles hausses encore jusqu’en 2015-2016. C’est du moins ce qu’ils prennent comme hypothèse dans leur plan de restructuration, qui doit leur permettre de retrouver l’équilibre budgétaire cette année-là. Et moi qui pensais que mon portefeuille pourrait souffler un peu…

Alors, tout écœuré par ce nouveau risque pour la santé financière des étudiants, j’ai cru que les gens seraient emballés, que d’autres médias feraient écho à la nouvelle, que la ministre Courchesne aurait à fournir des explications… Mais non, rien de tout ça. La Presse n’en a pas soufflé un mot. La Tribune? Vous rigolez. Radio-Canada? Même pas. Ou du moins pas pendant les heures où j’écoute le 101,1 FM, soit presque 24 sur 24.

Non, les journalistes étaient plutôt préoccupés par un certain Parizeau qui aurait encore mis son parti dans l’embarras, ou par la crise économique, ou par la maudite grippe A H1N1 dont j’en ai marre d’entendre parler (non, mais vraiment ça fait des semaines qu’on nous dit que c’est pas plus dangereux qu’une grippe normale…). Quoi, le coût des études ce n’est pas assez catchy comme nouvelle? Pourtant, ça avait suscité tout un débat la dernière fois, sans parler de la grève quelques années auparavant. Alors, TVA, Radio-Canada, qu’attendez-vous pour brasser un peu la cage et faire ressortir le mouvement étudiant? Je suis certain que les images d’une manif de l’ASSÉ augmenteront vos cotes d’écoute.

Parfois, on se demande à quoi carburent les grands médias. Lorsqu’une grosse nouvelle arrive ils en parlent à n’en plus finir, jusqu’à ce qu’on soit tellement écoeurés qu’on a envie de crever un trou dans le journal (ou le stéréo, ou la télé, c’est selon). Pendant ce temps, il y a des trucs comme ça qui passent complètement inaperçus. Bravo, vraiment j’ai bien aimé lire que la Grande-Bretagne avait un x-ième cas de grippe anciennement appelée porcine, quand je voulais vraiment savoir si j’allais devoir réduire ma facture d’épicerie.

Ou peut-être est-ce le rôle des associations étudiantes de se manifester et d’attirer l’attention des journalistes. Il faudrait voir ce qu’en disent la FEUS et le REMDUS… À suivre.

Comments are closed.