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Categorized | Culturel

De père en flic: au-delà de l’humour

Posted on 20 juillet 2009 by admin


Avec ce blockbuster québécois de l’été, Émile Gaudreault et Ian Lauzon nous entraînent sur d’autres chemins que ceux que nous croyons emprunter de prime abord…

Louis Pascal Perreault

Le film ouvre sur un générique animé très original, qui laisse présager, comme les bandes annonce et la tournée promotionnelle, un polar humoristique. Les deux rôles-titres apparaissent à la première séquence. Ils nous sont familiers. Michel Côté incarne un type de personnage dans lequel nous le reconnaissons bien. Et Louis-Josée Houde nous rappelle quelques instants l’humoriste auquel il nous a habitués. Rémy Girard arrive lui aussi assez vite, dans le rôle d’un avocat peu scrupuleux qui défend les motards.

De la parodie au drame

Puis, l’intrigue policière nous emmène dans une forêt qui n’a rien de luxuriant, avec Robin Aubert, jouant admirablement l’animateur d’une thérapie de groupe pour rétablir les relations tendues entre pères et fils. Le film J’ai tué ma mère, de Xavier Dolan, a fait beaucoup parler de lui. Parallèlement, nous voilà entourés de fils qui souhaiteraient tuer leur père, et de pères qui en feraient autant… On croit pendant un instant que les auteurs vont se payer la traite en jouant la carte de la parodie et du cynisme. Parodie, il y a. Mais on a évité le cynisme. La thérapie, qui semble d’abord grotesque, fait son chemin chez les personnages comme chez les spectateurs, et à travers elle, on gratte bien des petits bobos: fils déçus de leurs pères qui n’ont pas montré les bons signes d’affection, pères déçus de leurs fils, de leur monde virtuel et de leur manque de débrouillardise, conflits intergénérationnels, relations hommes-femmes (les dames sont presque absentes de la distribution, mais Caroline Dhavernas, ex de Louis-Josée Houde, tire très bien son épingle du jeu)… Même notre sempiternelle situation politique est évoquée, par une allusion brève et incisive à René Lévesque. Pour le scénariste Ian Lauzon, le cinéma québécois se montre souvent timide pour référer à notre contexte socio-culturel. « Quand un film est tourné à New York, on sait qu’on est à New York », dit-il. On ne va peut-être pas en profondeur dans toutes les dimensions explorées et dans la psychologie, mais la construction du scénario aboutit sur un moment absolument émouvant, où Rémy Girard nous démontre encore une fois son grand talent de comédien. Tous les principaux acteurs nous font oublier qui ils sont pour nous centrer sur leur personnage. C’est une belle réussite de ce film.

On en oubliait presque l’intrigue policière… Alors, elle revient à l’avant-plan, se dénoue, et disons simplement que les choses s’arrangent.

Écrire en collaboration

Ian Lauzon est un nom encore peu connu du grand public. Après avoir collaboré à plusieurs projets pour la radio, la télévision et le cinéma, il en était à sa première grande production cinématographique. Ce nom réapparaîtra dans deux prochaines productions: un film sur le commandant Piché (avec Michel Côté), et un autre qui s’appellera Le cabotin (avec Rémy Girard). Ian Lauzon raconte que l’écriture en collaboration n’est pas une pratique encore très répandue au Québec, mais que ça se fait beaucoup ailleurs. Cela pourrait devenir plus commun ici. Pour le coscénariste, ce n’est pas toujours facile et cela exige un minimum d’humilité; il faut savoir reconnaître quand l’autre a écrit le meilleur dialogue pour une scène… C’est le réalisateur Émile Gaudreault qui a fait appel à Ian Lauzon et il existe entre les deux le respect et la confiance nécessaires à une collaboration. Ensemble, ils ont écrit des dialogues et un scénario efficaces, générant un excellent film populaire qui s’est déjà attiré la faveur du public et de la critique en général.

De père en flic est à l’affiche à la Maison du cinéma.

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