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Categorized | Sports

Entre trophées et responsabilités

Posted on 20 juillet 2009 by admin

Les athlètes professionnels sont des idoles. Les joueuses de tennis et les hockeyeurs côtoient fréquemment les affiches des Britney Spears et des Robert Pattinson sur les murs des enfants et des adolescents. Les petits garçons rêvent de patiner comme Alex Ovechkin; les petites filles d’épouser Tom Brady, ou de jouer comme Maria Sharapova.

Jessica Lapinski-Dejardin

 

Tom Boonen, Richard Gasquet et Carey Price. Ces trois athlètes, provenant de disciplines totalement opposées, ont plusieurs points en commun. Ils ont été jetés très jeunes dans un milieu extrêmement compétitif. Ils ont connu un succès quasi immédiat. Ils sont jeunes et charismatiques. Mais surtout, ils ont été accusés – directement, dans les médias, ou par des sous-entendus pas toujours subtils – d’avoir consommé de la cocaïne.

 

Dans leurs pays respectifs, les trois athlètes sont des héros, fortement connus des amateurs de sport comme de la majorité de la population. Tom Boonen, maillot vert du Tour de France 2007, est en Belgique dans la lignée du grand Eddy Merckx. Richard Gasquet a longtemps été considéré comme le futur du tennis français, celui qui ferait tomber la malédiction qui perdure depuis le printemps 1983. Ai-je besoin de rappeler que Carey Price, en plus d’être le descendant direct de Ken Dryden et de Patrick Roy, a maintes fois été surnommé Jesus Price? Il repose donc sur les épaules de ces sportifs dans la vingtaine une pression immense, liée tant à leur statut qu’à leur notoriété.

 

À l’ère des téléphones cellulaires munis de caméras, à l’ère des blogues et des forums, Boonen, Gasquet et Price ont une autre pression: celle de ne pas agir de façon «répréhensible» publiquement, celle de ne pas nuire à l’image de marque de leur club ou du personnage qu’ils incarnent. Tâche à laquelle ils ont échoué. Peu de temps après avoir remporté la classique Paris-Roubaix pour une troisième fois, Boonen a été accusé d’avoir consommé de la cocaïne. Il avait échoué un premier test de dopage 11 mois auparavant. Moins d’un mois plus tard, la France tremblait à l’annonce du résultat d’une analyse réalisée dans un échantillon sanguin de Gasquet.

 

Le cas de Price est différent. Dans les semaines qui ont suivi le 19 février, date fatidique du pseudo-scandale entourant le Canadien de Montréal, nombreuses ont été les rumeurs qui ont couru sur les jeunes joueurs du club. Plusieurs personnes ont prétendu avoir aperçu le gardien de but du Tricolore se prêter à des activités illicites. Mais la vérité demeure nébuleuse, car rien n’a été prouvé.

 

Il n’en demeure pas moins que toutes ces mésaventures ont ravivé (ou créé?) le débat sur la responsabilité sociale des athlètes. Car au-delà de leur rôle d’athlète, les sportifs d’aujourd’hui sont souvent jeunes et riches à craquer. Ils ont donc des activités de jeunes riches… avec tout ce qui découle de leur gloire. Groupies à volonté, possibilité de faire la fête jusqu’à tard dans la nuit à boire des bouteilles onéreuses, dans des suites privées. Mais tant qu’ils ont de bons résultats sur la glace, les pistes ou les courts, ce n’est pas réellement un problème. Le problème, c’est quand des photos de leurs frasques circulent et qu’ils déçoivent leurs jeunes fans, pour qui ils sont des modèles.

 

Carey Price l’a avoué: «Tes péchés te rattrapent toujours. Je sais que je vais devoir faire plus attention. Je sais qu’on nous perçoit comme des modèles.» Et Tom Boonen de renchérir qu’il devrait se faire soigner pour ses problèmes d’alcool et de drogues. C’est dire que même les athlètes l’avouent: les consommations de cocaïne – même lorsqu’elles sont hors-compétition – et d’alcool nuisent à la réputation des athlètes, qui sont adulés par des centaines, voire des milliers de jeunes admirateurs. Au risque de perdre leurs contrats, leur droit et concourir… et leurs fans.

 

À quoi bon performer quand il n’y a plus personne pour nous acclamer?

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