imprimer cette article imprimer cette article

Categorized | Campus

Facebook, ou comment flanquer ses cours d’informatique

Posted on 20 juillet 2009 by admin

17 heures 45, dans un laboratoire d’informatique de la Faculté des lettres et sciences humaines. Le cours: pas vraiment important, il est plate. Je me connecte sur Facebook pour passer le temps, en me disant que ce n’est pas grave, que je poserai des questions au chargé de cours si j’ai de la difficulté avec mon projet. Je ne suis pas le seul: les trois quarts de la classe s’échangent déjà des messages sur leurs murs.

Olivier Robichaud

Sans surprise, le chargé de cours s’exaspère de constater que personne ne l’écoute, mais qu’on a tous des questions à lui poser lors des exercices pratiques. Il se lance dans un sermon digne d’un père qui parle à ses enfants d’âge préscolaire. Matures, les universitaires? Intelligents et motivés, les universitaires? Peut-être, mais dans certains cas ça ne paraît pas. Il suffit d’avoir la possibilité de « zigonner » sur Internet et toute l’attention de certains disparaît de la salle de classe.

L’exemple que je viens de vous donner est fictif, mais inspiré de la réalité. En règle générale, je ne vais sur Facebook que pendant les pauses. Mais lorsque cela arrive, je constate souvent qu’il y a toute une panoplie d’actualités publiées depuis la dernière heure. Idem lorsque je sais que d’autres de mes amis ont un cours d’informatique, même si je n’y suis pas.

Sans avoir de preuve scientifique à l’appui, je suis prêt à parier que le temps passé sur Facebook pendant les heures de cours est inversement proportionnel aux notes obtenues dans ces cours. Cette position est appuyée par plusieurs professeurs et chargés de cours à qui j’ai parlé.

Mais je n’irai pas jusqu’à dire qu’il faut bloquer ce site web sur les ordinateurs de l’UdeS. Au contraire, Facebook est devenu une partie intégrante de nos vies sociales et il serait impensable d’en limiter l’accès dans un endroit où l’on passe au moins la moitié de notre temps. Oublions les envois de «pokes» ou les commentaires sur les photos de la dernière soirée de débauche; non, Facebook sert à bien plus que ça. C’est là où je peux généralement trouver quelqu’un pour m’envoyer les notes du cours que j’ai manqué. C’est aussi le dernier rempart qui m’empêche d’oublier un examen («Hey Oli, té tu près pour l’exam demain?» «Quel exam? …Bonne nuit!»)

Ce qu’il faut, c’est une prise de conscience de la part des étudiants. Du moins, ceux de la FLSH, car je ne sais pas ce qui se passe à la Faculté de génie ou ailleurs. En toute vérité, j’ai été distrait par les attraits de Facebook à quelques reprises pendant mes cours. Je me suis ravisé lorsque j’ai appris qu’on pensait sérieusement à bloquer l’accès à ce site dans les laboratoires d’informatique.

Faisons donc preuve d’une partie de la maturité qui nous est attribuée en tant qu’universitaires. Depuis le temps qu’on nous dit qu’on doit être maîtres de nous-mêmes, il est grand temps qu’on se prennent en main.

Comments are closed.