La chute de l’Empire romain d’Occident et l’incendie de la Grande bibliothèque d’Alexandrie ont privé l’Europe du savoir scientifique accumulé depuis l’Antiquité. L’Europe a alors plongé dans une période sombre et pauvre en avancées scientifiques et culturelles: le Moyen-âge. Toutefois, de l’autre côté de la mer Méditerranée, le Moyen-Orient connaissait son âge d’or, qui a permis plusieurs siècles plus tard, grâce à ses progrès scientifiques, philosophiques et culturels, la Renaissance européenne. Malheureusement, les artisans arabes du progrès humain de cette époque sont souvent ignorés dans nos cours d’histoire. Voici donc deux scientifiques arabes qui ont marqué vos vies sans que vous ne les connaissiez.
Fred Duke
Bien qu’on connaisse très peu sur sa vie (né vers 786 et décédé vers 850), al-Khwarizmi est connu pour ses travaux en mathématiques et en astronomie. En effet, il est le père de l’algèbre moderne (notamment la résolution d’équations linéaires et quadratiques) et grâce à ses traductions d’ouvrages indiens sur les systèmes de chiffres et leur intégration à la géométrie grecque, il a établi notre système numéral moderne (chiffres de 0 à 9). Les chiffres arabes, ça vous dit quelque chose? Eh bien c’est grâce à lui qu’ils se sont rendus en Europe, bien qu’en fait leur réelle invention soit indienne! Ainsi, on pouvait écrire 38 à l’aide de deux symboles (3 et
alors qu’avec le système romain on devait utiliser 7 symboles (X-X-X-V-I-I-I), ce qui simplifiait plus qu’avantageusement les calculs avec de grands nombres. De plus, il a continué les travaux de géométrie et d’astrologie de Ptolémée, créant une carte du monde connu plus précise qui utilisait un système de longitude et de latitude. Ce n’est que trois siècles plus tard que les travaux de al-Khwarizmi ont atteint l’Europe occidentale, sûrement via l’Espagne maure. Leur impact a été magistral, car nous utilisons ces principes encore de nos jours.
À 16 ans, les talents de médecin d’Ibn Sina étaient déjà légendaires. À l’âge précoce de 20 ans, il était sans aucun doute l’homme le plus savant de son époque. Durant sa vie, il a écrit 68 livres sur la philosophie et la théologie, 11 sur l’astronomie et la physique, 16 sur la médecine et 4 recueils de poésie. Mais il doit surtout sa célébrité à l’ouvrage intitulé al-Qann fi al-Tibb (Canon de Médecine), un livre de plus d’un million de mots rapportant toutes les techniques médicales de l’Antiquité et les plus récentes avancées arabes, suggérant une approche systématique de diagnostic, et la description de 760 médicaments. De plus, le Canon contient d’étonnantes observations avant-gardistes d’Ibn Sina: il a été le premier à suggérer que la tuberculose et la phtisie étaient contagieuses, que les maladies pouvaient se transmettre par le sol et l’eau, que l’état émotionnel d’une personne affectait sa santé et que la douleur se transmettait par les nerfs. Cet ouvrage de médecine a été traduit en latin au XIIe siècle et a été une référence de choix pendant plus de 600 ans en Europe.

