Ce que les sacs de plastique révèlent sur vous
27 août 2009
Depuis quelque temps, dans le commerce où je travaille comme caissière, les sacs de plastique sont devenus payants. Dix sous pour un sac de plastique, et les profits sont remis à un organisme à but non lucratif qui met sur pied des projets environnementaux. Pour ma part, je trouve qu’il s’agit d’une excellente idée. La mise en place de cette mesure a d’ailleurs suscité de nombreuses réactions positives, mais quasiment autant de négatives chez les clients. Il n’en fallut pas plus pour que la sociologue en moi développe la théorie des sacs de plastique dans laquelle la société se divise en trois types de personnalités. Voici ce qui en ressort.
Véronique Tétreault
Les enthousiastes
Ces personnes sont celles qui n’attendent pas mieux que des gestes écologiques, peu importe où ils décident de se manifester. Lorsqu’on leur demande s’ils ont besoin d’un sac, ils sont catégoriques: non! Qu’ils n’achètent qu’un magazine ou une fragile pile d’articles disparates, ils se débrouillent avec leurs bras pour transporter leurs acquisitions.
Que pensent-ils des sacs à usage unique payants? Ils sont évidemment tout à fait d’accord. Les enthousiastes n’hésitent d’ailleurs pas à saluer cette initiative. Et s’il arrive qu’ils aient besoin d’un sac, ce qui est plus que rare, c’est avec joie qu’ils paieront les dix sous demandés. Ces gens sont déjà sensibles aux causes environnementales, alors si on ne leur demande qu’un effort minime, aucune raison de se montrer récalcitrant.
Les nonchalants
Les nonchalants ne demandent généralement pas de sac quand ils n’ont qu’un ou deux articles, ils ne voient pas l’utilité de gaspiller un sac pour si peu. S’ils en ont quelques-uns de plus, ils sont alors tentés de s’aider d’un sac. Quand on leur apprend qu’ils doivent payer dix sous, deux scénarios sont possibles: soit ils paient les dix sous sans se faire prier, soit ils décident que leurs deux bras suffiront.
Parfois, on assiste même à un changement, on passe de nonchalant à enthousiaste. Je me rappelle particulièrement un client ayant demandé un sac, puis se ravisant apprenant qu’il devait le payer. «C’est dans ce temps-là qu’on se rend compte qu’on n’en a pas vraiment besoin», a-t-il admis. Si pour certains les sacs payants ne signifient autre chose qu’un léger changement à opérer dans leurs habitudes, pour d’autres il s’agit d’un éveil à la cause environnementale.
Les bornés
De leur côté, les bornés, comme leur nom l’indique, se bornent à leur petit monde. Dès que l’on bouscule un peu leurs habitudes, même simplement, dans le mode de transport de leurs menus achats, ils passent en mode défensif. Souvent trop bouleversés par la perte de leurs sacs gratuits, ils ne voient aucunement l’intention écologique (bien qu’elle puisse cacher elle-même une intention marketing), même s’ils ont devant les yeux une affiche mentionnant que tous les profits des sacs seront versés à un organisme environnemental. Ou alors ils sont beaucoup plus préoccupés par les dix prochaines minutes de leur vie que par l’avenir de la planète…
Pour finir, faire payer une plus que modique somme pour des sacs de plastique semble de prime abord une décision plutôt banale, mais elle est tout de même parvenue à créer certains remous chez les consommateurs.
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