Éditorial
27 août 2009
En cette dernière parution de la session d’été, je pourrais vous entretenir de ce qui a retenu mon attention cet été… Et là, les sujets ne manquent pas! Que ce soit au niveau des développements dans le dossier de la Caisse de Dépôt et des réelles conclusions auxquelles l’on est en droit de s’arrêter, des fraudeurs qui n’en finissent plus de se faire prendre, de la température épouvantable que l’on a connue pour les trois premiers quarts de l’été, etc., le choix est presque sans limite…
Michel Daigneault
En fait, j’ai longtemps hésité entre parler de ma vision du racisme par rapport à la situation qui a amené certaines personnes à traiter ce papier de raciste, aux accommodements raisonnables et aux aberrations auxquels ils mènent parfois, et à ce qui demeurera, dorénavant, l’«affaire Gates», et parler d’autres aberrations du système, telles que les primes que la saaq doit verser aux proches de toute victime morte dans un véhicule automobile, même lorsqu’elles sont prouvées responsables de la mort de leur proche, comme dans le cas de ce Montréalais qui est accusé, avec son fils, d’être responsable du meurtre de trois membres de sa famille: ses trois filles et une tante… Parce qu’elles refusaient, entend-on, de se soumettre au mode de vie plus traditionnel prôné par les hommes de la famille, adoptant un style plus nord-américain.
J’aurais pu vous parler des quatrièmes élections fédérales en un peu plus de cinq ans qui se pointent à l’horizon de la mi-novembre, ou de ces subventions qu’Hydro-Québec accordaient à des écoles privées… qui avaient été fréquentées par son président, Thierry Vandal… Déjà que la seule idée qu’un service publique subventionne des écoles privées ne me plaise pas particulièrement à première vue, le lien trop direct pour être insignifiant entre la subvention des écoles privées par Hydro-Québec et la fréquentation de ces mêmes écoles soulève des questions d’éthique des plus sérieuses. J’aurais pu vous parler de la couverture médiatique frôlant parfois l’indécence de la mort de Michael Jackson ou des réactions fort révélatrices de son père (comme lorsque interrogé sur ses premières réactions suite à l’annonce de la mort de son fils il en avait profité pour «ploguer» la nouvelle compagnie de production que lui et sa femme fondaient au même moment…
Pourtant, j’ai décidé, à l’aube de cette rentrée, de vous parler d’un organisme communautaire au sein duquel j’ai œuvré comme aide-cuisinier cet été… La Grande Table est un organisme communautaire qui prépare des repas à prix très modiques pour les familles à faible revenu. Tous les jours, on y sert entre 50 et 100 soupers à une douzaine de familles. De plus, la Grande Table prépare aussi des repas congelés pour les étudiants ayant une famille référés par l’Université selon les termes d’un partenariat qu’elle a aussi développé avec le Cégep de Sherbrooke… Ainsi, les étudiantes enceintes et les étudiants parents en situation financière précaire peuvent-ils bénéficier des mêmes tarifs que les clients en salle, tout en ayant le loisir
d’en disposer au moment qui leur convient…
J’ai beaucoup apprécié mon expérience au sein de cet organisme au personnel aussi charmant qu’humain… De plus, c’est ce même sentiment d’être utile à quelque chose que j’y ai ressenti qui m’a poussé à abandonner la philosophie pour le service social, alors il est normal que j’aie trouvé mon expérience si enrichissante au plan personnel… Même si mes heures de travail ne me permettaient pas de contact avec la clientèle, j’y ai tout de même perçu l’utilité de ce que je faisais là, à travers les récits de mes confrères et l’ambiance régnant au sein de la Grande Table. Et je suis d’autant plus convaincu, maintenant, du bien-fondé de ma décision de bifurquer vers le service social…
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