Critique CD
Anjulie, Anjulie, 2009, Hear Music
Véronique Tétreault
Artiste émergente sur la scène musicale, Anjulie a lancé son premier album le 4 août dernier. La jeune femme d’origine guyanaise élevée à Toronto conjugue ses origines pour offrir un savoureux mélange de notes exotiques, pop, parfois frôlant le hip-hop, le R&B et même le trip hop. Ces mélanges improbables font des chansons d’Anjulie des pièces au style unique, difficilement qualifiable, mais décidément accrocheur. D’un morceau à l’autre, on se promène dans des atmosphères très différentes, tantôt mystiques, tantôt mélancoliques et à d’autres moments festive à la manière d’une fête africaine. Anjulie nous transporte à travers le monde et les époques, puisant ses inspirations dans la musique latine sud-américaine, le calypso afro-caribéen ainsi que le pop et le rock. Certaines pièces ont un souffle nous portant dans les années 1960-1970.
La chanteuse met au grand jour son âme avec sa voix claire et des modulations souples, se livrant à une désarmante introspection qui nous dévoile une jeune femme romantique, rêveuse et parfois maladroite. Les textes sont simples, mais francs. Toute jeune femme dont la vie amoureuse connaît ses hauts et ses bas peut s’y reconnaître. Si l’originalité et l’audace de certaines chansons est tout à fait indéniable (Boom, Addicted2me, The Heat) d’autres tombent dans le quelconque et ne se montrent pas à la hauteur du reste de l’album (Same Damn Thing, I Want The World To Know). Néanmoins, le premier disque d’Anjulie révèle une artiste très prometteuse qui saura sûrement aiguiser son style et nous offrir d’autres mélodies rafraîchissantes dans les années à venir.
Critique Film
OSS 117: Rio ne répond plus, France, 2009
Pier-Olivier St-Arnaud
Le célèbre Hubert Bonisseur de la Bath nous revient, trois ans après la sortie du premier opus, dans la suite d’un film qui avait charmé le Québec. OSS 117: Le Caire, nid d’espion avait enchanté les cinéphiles et les adeptes de film d’espionnage à l’époque, et Michel Hazanavicius revient en force pour une seconde fois. OSS 117: Rio ne répond plus pourra-t-il à son tour captiver les adeptes de l’humour français, c’est la question qui se retrouvait sur toutes les lèvres à la sortie du film au Québec.
Jean Dujardin, le Jim Carey français, reprend le rôle d’Hubert Bonisseur de la Bath, cet espion maintenant célèbre. Alors que l’action se déroule 12 ans après les événements du premier film, les mentalités et les moeurs suivent leur évolution. C’est d’ailleurs le principal atout du film. Le bien connu agent 007 offre au spectateur un contenu sans cesse réchauffé, tandis que OSS 117 nous surprend là où on s’y attend le moins. En effet, autrefois séducteur et sûr de la domination du mâle sur la femelle, Hubert se retrouve aujourd’hui dans la peau d’un has been sans cesse rebouté par les femmes, aujourd’hui fortes et libérées. «Il perd en confiance, mais gagne en fragilité» confiera son interprète, Jean Dujardin. D’ailleurs, l’oeuvre est captivante du début à la fin, et ce dernier y est pour quelque chose. Son facial, si complexe et diversifié, permet à chacune des moqueries et des plaisanteries de tirer un large sourire aux spectateurs.
Au final, OSS 117: Rio ne répond plus représente une oeuvre française sûre de plaire, divertissante à souhait et porteuse de réflexion sur l’évolution de la société occidentale. À voir absolument puisqu’il s’agit du genre de comédie où l’on retrouve sans cesse de nouvelles blagues et de nouvelles réflexions, et ce, à chacune des écoutes supplémentaires. Bravo!
Critique Livre
Si je reste, Gayle Forman, 2009, 224 pages
Kassandra Martel
À 17 ans, on est encore jeune… On a la vie devant soi, on n’a encore rien fait… Mais tout peut changer en un instant. Une sortie en famille, un accident de voiture, la mort subite des parents, un frère entre la vie et la mort, un coma et le choix de revenir parmi les vivants ou non. Voilà ce qui arrive à Mia, une adolescente pour qui la vie était prometteuse. Tout au long de ce roman riche en émotions, nous découvrons le passé respectable de cette jeune femme, ses formidables parents, son adorable frère, son talent de violoncelliste qui lui permettra d’entrer dans une prestigieuse école de musique à New York, et son âme sœur, vedette d’un groupe en vogue de pop-punk. De sa passion pour le violoncelle à son premier amour, nous nous retrouvons dans un amalgame de souvenirs qui lui font regretter le passé et craindre le futur. Tout ce cheminement mène à une dure décision: se réveiller et revenir vers ceux qui restent ou rejoindre les êtres chers qui sont partis. Vivre ou mourir, un choix déchirant même quand on a 17 ans!
Bouleversant, tendre et parfois humoristique, ce roman nous entraîne dans la vie d’une adolescente, une vie qui pourrait tout aussi bien être la nôtre. Même si parfois l’écriture n’est pas représentative de la maturité de l’héroïne, le style est excellent et entraînant. Ce roman n’est pas qu’une merveilleuse histoire d’amour, c’est surtout un livre qui mène à réfléchir sur la vie, ainsi qu’à l’essentiel. D’un ton léger, mais très émouvant, Si je reste nous fait comprendre la place de l’amour et du bonheur dans nos vies. Il nous rappelle que les souvenirs que nous forgeons aujourd’hui sont les trésors de demain.
Gayle Forman est une journaliste notoire qui a été souvent récompensée pour ses articles. Avec sa fille et son mari, elle vit à Brooklyn, d’où elle a rédigé son premier roman, Si je reste. Une adaptation cinématographique est en cours par les producteurs de Twilight.

