imprimer cette article imprimer cette article

Categorized | Sports

Quand le tennis fait courir les foules…

Posted on 27 août 2009 by admin

Coupe Rogers 2009

Année après année, l’édition montréalaise de la Coupe Rogers bat des records d’assistance pour un tournoi de sa catégorie. Plus de 200 000 spectateurs, novices ou initiés, ont franchi les tourniquets du Stade Uniprix en 2009. Un fait étonnant, compte tenu de la faible représentation canadienne et québécoise au sein de l’élite tennistique. Mais d’où vient donc cet engouement pour la petite balle jaune?

Jessica Lapinski-Dejardin

Les Internationaux de tennis du Canada, aujourd’hui appelés Coupe Rogers, sont le troisième plus vieux tournoi de tennis au monde, tout juste après les mythiques Wimbledon et US Open. Le premier événement de tennis canadien s’est tenu en 1878, au Cricket Club de Montréal. À l’époque, on était bien loin des 3 000 000$ offerts en bourse aux participants!

Le tournoi montréalais, tel que connu aujourd’hui, s’est déroulé pour une première fois en 1980 et n’a cessé de grandir depuis. En 1997, l’ATP a d’ailleurs décerné à la Coupe Rogers le prix pour la meilleure amélioration des installations d’un tournoi, deux ans après que la Ville de Montréal ait accordé à Tennis Canada 20 acres pour agrandir le Centre de tennis du parc Jarry, désormais nommé le stade Uniprix.

Depuis 2004, la Coupe Rogers bat année après année des records d’assistance pour un tournoi d’une semaine, tant chez les hommes que chez les femmes. C’est normal: Montréal reçoit annuellement le gratin du tennis mondial. Au fil des ans, la Coupe Rogers a couronné les plus grands: Roger Federer, Rafael Nadal, Justine Henin, Steffi Graf sont au nombre des gagnants des éditions passées.

Des grands noms certes, mais peu de Canadiens. Enfin, certains étonnent ponctuellement et font vibrer le public local. Stéphanie Dubois a déjoué les pronostics en 2006, alors qu’elle a atteint le troisième tour grâce au forfait de Kim Clijsters. Frank Dancevic a brillé un an plus tard, en inquiétant Rafael Nadal au cours d’un quart de finale relevé.

Mais dans cette province où les gens revendiquent davantage de Québécois au sein du Canadien de Montréal, qu’est-ce qui peut attirer autant de gens au stade Uniprix chaque année? Comme l’a mentionné le directeur montréalais, Eugène Lapierre, tout au long du tournoi, les spectateurs de la Coupe Rogers ne sont pas tous des amateurs de tennis. Au début des années 1990, alors que le tournoi n’avait pas le même prestige qu’aujourd’hui, 90% du public était composé d’experts ou de joueurs. Aujourd’hui, les statistiques sont inversées. M. Lapierre estime que la foule montréalaise n’est pas connaisseuse de tennis; c’est plutôt une amatrice de grands événements. C’est la même qui se déplace pour le défunt Grand Prix de Formule 1, pour le Festival de jazz, etc.

Federer, Nadal et cie

La rivalité qui oppose Roger Federer à Rafael Nadal n’est toutefois pas étrangère au soudain engouement montréalais pour le tennis. Le tennis masculin connaît des années fastes, avec finales rocambolesques diffusées internationalement. La Coupe Rogers, en raison de son importance au sein du calendrier ATP – tant chez les hommes que chez les femmes, elle fait partie de la plus grande catégorie de tournoi après ceux du Grand Chelem – bénéficie de la présence des plus grands, qui désirent accumuler des points et des matchs sur surface dure juste avant l’US Open.

La majorité des 64 places disponibles dans le tableau principal sont occupées par des joueurs du top 100. On retrouve des joueurs de prestige même dans le tournoi de qualification, alors que certaines anciennes vedettes tentent de remonter au classement. C’était le cas cette année de Juan Carlos Ferrero, ex numéro un mondial et champion de Roland Garros en 2003, qui a dû prendre part aux rondes qualificatives en raison de son classement.

De son côté, Tennis Canada offre des invitations à quatre joueurs, qu’elle sélectionne avec soin. La majorité d’entre eux sont des athlètes locaux: Frank Dancevic, Peter Polansky et Frédéric Niemeyer ont bénéficié d’un laissez-passer en raison de leur nationalité canadienne. L’autre joueur invité était Lleyton Hewitt, qui est, à l’instar de Ferrero, un ancien numéro un au monde et champion en Grand Chelem. L’Australien n’a toutefois pas eu à utiliser son invitation, en raison du forfait d’un joueur dans le grand tableau. Elle a été remise à Bruno Agostinelli, un autre Canadien qui a fait belle figure.

Cette année, 19 des 20 meilleurs joueurs au monde étaient présents à Montréal. Fait inusité, les huit premières têtes de série, qui occupent aussi les huit premiers rangs mondiaux, ont atteint les quarts de finale. De quoi faire courir les foules, car après tout, mieux vaut un affrontement entre Novak Djokovic et Andy Roddick qu’entre deux purs inconnus…

Et bien sûr, une petite contribution du soleil ne nuit pas à une affluence élevée!

Comments are closed.