Initiations ou la relative maturité des universitaires
21 septembre 2009
Chaque année, ce sont des milliers d’étudiants et d’étudiantes qui passent pour la première fois les portes de l’Université. Il va sans dire que pour ces néo-universitaires, l’initiation est une bonne occasion de fraterniser avec ses futur-e-s camarades et de s’intégrer à la fulgurante vie universitaire.
Thioro Gueye
L’initiation qui, à la base, caractérisait le passage de la vie adolescente à la vie de jeune adulte s’est aujourd’hui quelque peu détournée de sa sémantique primaire pour qualifier une beuverie initiatique que l’on vit avec nos prochains partenaires de travaux (qui deviendront, très tôt, nos confrères hebdomadaires de boisson!).
Loin de moi l’idée de m’opposer aux initiations. Les activités sociales ou les lieux de rencontres entre étudiants sont nécessaires et essentiels. Cependant, ce rite, dans la plupart des cas, ne laisse que très peu de place à la discussion entre personnes et suppose plutôt de passer une série d’épreuves drôles ou non, mais absolument impertinentes.
J’ai, dernièrement, reçu une invitation à une initiation. Le comité mobilisation du Cégep de Sherbrooke organisait pour la première fois une initiation pour ses membres. On proposait une rencontre festive entre nouveaux cégépiens. L’organisateur a eu la bonne idée d’inviter d’anciens membres dudit comité pour «prendre une bière» avec les nouveaux venus.
Je ne veux pas me camper sur des positions conservatrices dénonçant le changement de sens du terme initiation par son application universitaire. Cependant, la dernière invitation du comité mobilisation m’a laissé perplexe. Comment se fait-il que des étudiants du cégep, pourtant un peu plus jeunes, réussissent à créer un événement plaisant, où les gens apprennent à se connaître tout en s’amusant et en consommant de l’alcool sans avoir besoin de s’enduire de ketchup et de moutarde ou bien de feindre une relation sexuelle dans un ascenseur pour gagner des points?
Bonne question! Qualifions ceci d’inertie réflexive des étudiants à repenser les initiations de façon à ne plus les confondre avec des camps de jour pour adolescents.
Il serait temps de nous pencher sur nos modes d’initiation et de nous questionner sur la pertinence réelle de cette journée (car elle l’est!). Un peu plus de réflexion et de maturité seraient de mise. Pouvons-nous en demander autant aux universitaires assoiffés de débauche? Il suffira de demander conseil aux cégépiens de Sherbrooke, ils semblent avoir de bons tuyaux pour s’en sortir plus dignement…
Vous avez quelques chose à ajouter ou une question à poser...
Vous avez quelque chose à dire?



