Belgique, 30 août 2009. À l’affiche de la cinquième journée du championnat de soccer, un match: Anderlecht-Standard. Ce qui semble une soirée ordinaire tourne à la folie! Et finalement tout le monde est perdant, supporters, joueurs et sport!
Christelle Lison
Le premier choc du championnat de soccer de Belgique a accouché d’un match nul un but partout entre Anderlecht et le Standard, au stade Constant Vanden Stock. Au-delà des éternelles rivalités entre les deux équipes, ce que l’on retiendra du duel c’est la détestable ambiance dans laquelle il s’est déroulé et l’agressivité qui a pris le pas sur le jeu.
Après un début de match dominé de la tête et des épaules par un Anderlecht agressif dans le bon sens du terme, tout a basculé en deux minutes. Jan Polak, défenseur anderlechtois, a pris un coup (ligament croisé antérieur du genou déchiré) lors d’un contact fautif d’Igor De Camargo à la 23e minute, sanctionné par une carte jaune. Arrive ensuite le fait de jeu qui fera tout basculer: 25e minute, Defour passe le ballon à Witsel sur le flanc gauche, Wasilewski vient le tacler* mais le pied de Witsel atterrit sur la jambe du Polonais… et la brise en deux! Wasilewski est à terre et le verdict est lourd: double fracture ouverte tibia-péroné. Witsel a logiquement été exclu puisqu’il est venu les pieds en avant. Malgré les deux goals qui suivent, le match n’a plus tellement d’importance.
Pour son premier Anderlecht-Standard, l’arbitre de la rencontre Jérôme Nzolo a distribué sept cartes jaunes et un carton rouge… et aurait pu en distribuer bien plus des deux côtés. Après une rentrée au vestiaire houleuse (il y aurait eu une bagarre générale) dans les couloirs du stade entre les joueurs des deux équipes, la seconde période n’a plus modifié le marquoir.
À la sortie du stade, les forces de l’ordre ont aussi dû s’interposer pour calmer les supporters des deux camps qui en venaient aux mains. Bref, que ce soit sur la pelouse, dans les vestiaires ou aux alentours du stade, il était plus question de sports de combat que de soccer en ce 30 août 2009. Une constatation bien triste pour l’image du sport national du royaume de Belgique. Quand les deux équipes phares d’un championnat ne savent pas offrir meilleur spectacle, il y a de quoi se poser des questions…
À la suite du match, Witsel a dit «regretter la fracture dont souffre Wasilewski. C’est involontaire. Nous jouons tous les deux le ballon. Je ne suis pas quelqu’un de méchant».
La direction liégeoise a, quant à elle, réagi sur le site internet du Standard de Liège, pour déplorer la grave blessure du joueur sans toutefois prendre position quant à la faute commise.
Le parquet de l’Union Belge, estimant la faute trop grave pour lui permettre d’accepter ou de rejeter une proposition de sanction, a renvoyé le dossier devant le Comité sportif. Dans un premier temps, c’est une sanction de 11 journées de suspension dont Axel Witsel a écopé, la sanction la plus sévère dans l’histoire du football belge selon le directeur du Standard, Pierre François. De plus, l’amende infligée à Witsel était de 2500 euros.
Finalement, le comité d’appel de l’Union belge de soccer a décidé de ramener à huit journées la suspension d’Axel Witsel pour son violent tacle sur le défenseur d’Anderlecht Marcin Wasilewski. Le montant de l’amende a été ramené à 250 euros.
Même si la sanction est moins sévère qu’initialement, Laszlo Bölöni, l’entraîneur, devra composer sans son Soulier d’Or pendant de nombreuses semaines. Mais il ne sera pas le seul à être privé d’un joueur puisque Marcin Wasilewski devrait être indisponible de 10 à 12 mois et Jan Polak pendant six.
La suite de toute cette affaire: des menaces de mort pour la famille de Witsel, et pour les joueurs qui l’ont soutenu, un avenir incertain pour Wasilewski, des supporters partagés, des entraîneurs déboussolés et un sport perdant! Le tout en à peine quelques heures, voire quelques minutes… et après ça on essaiera de nous faire croire que le monde ne devient pas fou. Ouais… je reste dubitative!

