Lors de sa campagne au rectorat, Luce Samoisette avait promis la construction d’un nouveau pavillon qui rassemblerait l’ensemble des services aux étudiants (AFE, associations, psychologie, médecins, radio étudiante, pub, etc.), projet dont il est question depuis 1996. Qu’on l’appelle Maison étudiante, communautaire ou tout simplement Pavillon étudiant, ce bloc répondrait, entre autres, à l’actuel manque d’espace dans le pavillon de la vie étudiante.
Jean-Martin Veilleux
La petitesse du «E» est flagrante! Elle s’installe dans la même ignorance qu’ont subit les étudiants de la FLSH de la part de la direction lorsqu’une tuile dans un local est tombée du plafond! Cette combinaison pour mettre en image l’important problème de locaux qu’a l’Université.
En réalité, le manque d’espace s’explique du fait que l’augmentation de 30 % du nombre d’étudiant dans les 10 dernières années ne s’est pas traduite par l’agrandissement proportionnel des infrastructures vouées à satisfaire les nouveaux achalandages.
En regardant les vieux murs qui abritent le REMDUS, le vice-président aux affaires externes, David Maurice, confie que ceux-ci font de cette association le parent pauvre des associations étudiantes du Québec. Selon lui: « l’ensemble des services offerts dans cet immeuble mériteraient de bien meilleures installations ».
Les projets s’affrontent
Cependant, si les locaux et les pavillons de l’UdeS ne font pas l’envie des autres universitaires du Québec, le contrat que l’établissement signe avec la Société des Transports de Sherbrooke, qui offre aux étudiants l’accès libre aux transports en commun, fait pour sa part figure de campus exemplaire. Les bénéfices de son instauration en septembre 2004 sont nombreux. Ils ont donné à l’UdeS une forte image de leader en développement durable. En payant environ 850 000$ par année à la STS, soit la différence entre le prix réel des « passes d’autobus » des étudiant-e-s et leur cotisation par l’entremise de leurs frais universitaires, l’UdeS avait signé un contrat qui se terminerait en décembre 2009. Cette différence de prix a depuis augmenté et les actuelles négociations donnent un rôle important au nouveau rectorat qui doit trouver du financement pour ce projet.
Alors invitée à un débat des candidats au rectorat organisé par les associations étudiantes, l’actuelle rectrice disait ne pas vouloir, à court terme, augmenter les frais des étudiant-e-s pour financer la différence de prix. Pourtant, elle avouait que, vu l’augmentation constante des frais, « on aura à choisir entre la qualité de l’enseignement et de la recherche versus un service qu’on offre aux étudiants ». Comme le prévoit une entente, toute augmentation des frais de cette nature, s’ils dépassent le pourcentage accordé lors du décret du Ministère de l’éducation en 2008, devra passer par les associations étudiantes et par un processus référendaire dans la communauté étudiante. Toujours selon ce débat, le parti pris de la rectrice a transparu dans son adhésion au principe d’utilisateur-payeur…
Elle ajoute plus tard dans le débat qu’«on est en sous-financement universitaire. Peu importe ce qu’on va faire, on va manquer d’argent». C’est ici que les deux projets de services aux étudiants causent un problème. Si le candidat Louis Marquis proposait de trouver des commanditaires pour financer le transport, Luce Samoisette propose de financer le Pavillon Étudiant grâce à du « financement alternatif ». Par exemple, la présence d’un projet de Pub étudiant mené par l’effort et l’argent des associations étudiantes assurerait un financement partiel pour la location des locaux. De la sorte, les étudiants participeraient au financement du pavillon. Toujours est-il qu’aucune solution concrète n’est encore présentée par la rectrice.
Pile ou face?
L’acceptation du rectorat du sous-financement universitaire dû au désengagement financier du gouvernement pourrait donc porter notre direction à mettre les étudiants devant un choix brise-cœur entre le maintient des frais de l’accès libre et le Pavillon Étudiant. C’est du moins ce que certaines rumeurs veulent faire croire. Le REMDUS rejetant toute hausse de frais chez les étudiants, leur externe dit vouloir porter le financement public du transport en commun aux côtés des autres revendications étudiantes nationales. Il dit aussi attendre le prochain plan d’action stratégique qui montrera l’importance relative que le rectorat donne à ces projets dans son budget.


