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Categorized | Culturel

Le sumo qui ne pouvait pas grossir

Posted on 21 septembre 2009 by admin

Christelle Lison

Le sumo qui ne pouvait pas grossir est le cinquième volume du «Cycle de l’invisible» qui en comptera huit. Si ce cinquième ouvrage évoque la religion bouddhiste et le zen, il est surtout un roman sur le difficile passage de l’adolescence à l’âge adulte.

C’est l’histoire d’ «un perroquet prisonnier dans une cage à préjugés». Pour en sortir, il lui faudra braver son «allergie universelle», sa haine de l’humanité, son goût de la solitude. Cet amer misanthrope s’appelle Jun, il a 15 ans. Orphelin d’un père qui s’est suicidé, il a fui sa mère, un «Ange», qui aime tout le monde, plus que lui, ou du moins c’est ce qu’il croit. Pour éviter ses semblables, il vit dans les endroits les plus nauséabonds de Tokyo. Maigre et teigneux, sa route croise celle de Shomintsu qui ne cesse de lui répéter «Je vois un gros en toi». Au début, Jun ne comprend pas ce que lui veut ce vieux fou. Fou? Pas tant que ça. Il initiera Jun à un sport légendaire, lui expliquant les éléments fondamentaux et les pratiques de ce sport ancestral, un art martial qui touche à la plus profonde philosophie zen… «Mais comment atteindre le zen lorsque l’on n’est que douleur et violence? Comment devenir sumo quand on ne peut pas grossir?»

Si l’intention est séduisante et le texte agréable, la dramatisation de la morale – toute croissance est le résultat d’un deuil – flirte avec le simplisme. Le message prend le pas sur l’histoire et les personnages. La parabole se fait leçon. Le bouddhisme n’est que peu explicité. Éric-Emmanuel Schmitt déclarait récemment qu’il ne pouvait pas ne pas raconter des histoires optimistes. Force est de constater que celle du jeune Jun est plus qu’optimiste, elle relève vraiment du conte de fée nippon.

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