imprimer cette article imprimer cette article

Categorized | Culturel

Moulin à images : une épopée saisissante

Posted on 21 septembre 2009 by admin

Qu’advient-il quand la culture rencontre la technologie? Le Moulin à images du Vieux-Port de Québec! Pour l’édition 2009, Robert Lepage et Ex-Machina offrent une mégaproduction impressionnante par son contenu, mais aussi par ses infrastructures. Comme ils viennent d’obtenir un contrat de cinq ans de la ville de Québec pour présenter ce spectacle en sons, en images et en lumière, les producteurs ont retravaillé ou bonifié 20 % de la présentation existante et ont ajouté quelques séquences. Un nouveau spectacle haut en couleur, derrière lequel se cachent une production monstre et des technologies jamais autant utilisées.

Kassandra Martel

C’est pour sa deuxième édition que Le Moulin à images revient, mais pour un bon bout de temps. Étant donné le succès remporté en 2008, dans le cadre du 400e de Québec, la ville de Québec a proposé à Robert Lepage et Ex-Machina de passer d’installations temporaires à quelque chose de permanent. Plus facile à dire qu’à faire quand on veut que les spectateurs puissent avoir un bon point de vue de partout dans le port. Certes, le meilleur endroit pour visualiser cette œuvre gigantesque est sur les quais, entre le Marché du Vieux-Port et la rue Dalhousie, au nord de la rue Quai Saint-André, autour du Centre de découverte de Parcs Canada, soit l’ancien « Espace 400e ».

Un record Guinness

Pour réaliser leur objectif de visualisation, les producteurs ont dû trouver un emplacement propice à recevoir cette mégaproduction. Le bâtiment de Bunge Canada, cette compagnie de fertilisant et d’agrocommerce située de l’autre côté du bassin Louise, semblait tout indiqué. Avec ses silos mesurant près de 600 mètres de large par 30 mètres de haut, cet emplacement représente 25 écrans IMAX collés. Cela en fait le plus gros écran au monde : le livre Guinness des records l’a homologué en 2008. Les producteurs sont fiers, car ce record sera difficile à battre. En effet, il dépasse de quatre fois celui établi précédemment.

Qui dit grosse image, dit technologie de pointe. La qualité de l’image est impeccable, supplantant, par sa définition supérieure, la qualité HD. C’est environ 40 millions de pixels, 25 projecteurs haute définition, 26 serveurs (un pour chaque projecteur et un qui coordonne le tout) et 26 serveurs de secours qui permettent une telle qualité. L’objectif de visualisation est atteint haut la main… On peut voir l’image parfaitement de partout, même de l’autre côté de la rive, à Lévis. Une spectatrice qui a vu le spectacle au moins trois fois affirme : « Le Moulin à images est vraiment grandiose! J’ai été particulièrement étonnée par la qualité de l’image et tous les effets spéciaux qui accompagnaient la présentation. »

Une sonorité époustouflante

Robert Lepage et Ex-Machina désiraient que le son et l’image arrivent au spectateur en même temps. Un autre défi de taille à relever! En plus des 12 km de fibre optique sous-marine qui relient les serveurs de la rive-nord aux écrans de l’autre côté du bassin, 500 mètres plus loin, c’est 8 km de fils qui relient les haut-parleurs. C’est plus d’une centaine de haut-parleurs entourant la place Hydro-Québec et une dizaine de haut-parleurs basse fréquence sous les quais de la place qui offrent un son Surround. Il y a aussi deux gros haut-parleurs près des silos pour créer les effets spéciaux. À un moment donné, un avion passe sur l’écran. On a l’impression que le son vient directement de l’avion. Un effet réussi grâce à la seconde et demie de décalage entre le départ de l’image et celui du son.

Pour ceux qui ne sont pas directement sur le site idéal pour le visionnement, là où l’endroit est sonorisé, Le Moulin à images offre une bande FM qui lui est réservée. C’est en syntonisant le 97,5 FM que tout un chacun dans la région de Québec peut capter la trame sonore de cette méga-projection. Le kiosque d’Ex-Machina offre même des baladeurs-souvenirs à ceux qui ne possèdent pas le leur, mais qui désirent absolument visionner en son et en image cette saga qu’est celle de Québec.

Plusieurs effets spéciaux

Pour rendre cette projection presque vivante, 120 systèmes d’éclairage sont installés en haut des silos pour créer plusieurs effets spéciaux. Il y a aussi des canons à neige qui projettent de l’eau dans les airs, des lasers verts qui dessinent des lignes dans le ciel et des machines qui font de la fumée. Toute cette production a besoin d’une noirceur totale pour obtenir le meilleur rendement possible : l’équipe de projection contrôle donc l’éclairage des bâtiments avoisinant avec un seul interrupteur qu’elle ouvre ou ferme à sa guise. En ce qui concerne l’équipe derrière tout ceci, c’est au moins 100 personnes qui travaillent sur ce projet, dont 15 infographistes qui ont besoin de deux semaines pour créer une minute de projection.

Une rétrospective extraordinaire

La ville de Québec, c’est une épopée de 400 ans. C’est donc à travers quatre siècles que nous fait voyager Le Moulin à images. Tout d’abord, la partie intitulée « chemin d’eau » nous présente l’époque de la découverte de Québec et de son exploration, ainsi que la rencontre avec les Amérindiens. Ensuite, la section « chemin de terre » présente le début de l’occupation française, époque où le défrichage et la culture commencent. Une autre partie de la projection est consacrée au « chemin de fer ». C’est dans cette partie qu’on présente les premiers trains, le premier chemin de fer, les premiers ponts de Québec. C’est l’époque de l’industrialisation. Enfin, la présentation se termine avec le « chemin d’air », soit l’époque des ballons et des avions. C’est aussi l’ère de la communication. Bref, c’est une saga qui a été présentée du mercredi au dimanche, du 3 juillet au 13 septembre 2009, et qui reviendra assurément en 2010.

Comments are closed.