5150, rue des Ormes: Nos amis les voisins…
18 octobre 2009
Thriller psychologique québécois qui prend d’assaut les salles de cinéma en ces temps de grisaille automnale, 5150 rue des Ormes s’intéresse aux méandres d’une famille d’apparence normale, comme on en voit si souvent…
Alexandra Ventura-Giroux
Il a certains hasards qui bouleversent l’existence d’une personne. La virée en vélo du jeune Yannick Bérubé (Marc-André Grondin), un étudiant en cinéma dans la vingtaine, prendra une tournure cauchemardesque lorsqu’il ira demander de l’aide chez les Beaulieu, des résidents apparemment sans histoire… Jusqu’à ce qu’il aperçoive le corps d’un homme mourant dans une pièce de la maison. Il sera alors pris en otage par Jacques Beaulieu (Normand D’Amour), tortionnaire redoutable, et sa famille: Maude (Sonia Vachon), sa femme obéissante, Michèle (Mylène St-Sauveur), une adolescente cruelle et la petite Anne (Élodie Larivière), qui le fixe de son regard lugubre sans jamais prononcer un mot… S’il veut un jour échapper à cet enfer, le jeune Yannick devra remporter une partie d’échecs contre M. Beaulieu, un champion invaincu en la matière…
5150, rue des Ormes, inspiré d’un roman de Patrick Sénécal du même nom, est un thriller psychologique d’une redoutable efficacité qui s’adresse à un public averti. L’écrivain est pleinement conscient de cet aspect délicat de son œuvre, empreinte de violence et de sexualité, qui rejoint plutôt les hommes. Elle n’en reste pas moins une littérature qui porte à réflexion. «Ce qui m’inspire, c’est l’être humain, son côté sombre, et jusqu’à quel point il peut le faire ressortir», explique Patrick Sénécal, qui compte déjà plus de 15 années d’expérience dans le monde de l’écriture. A-t-il un visage précis en tête lorsqu’il construit un personnage? «Non, jamais. Il s’agit de trouver le comédien qui le représente le plus fidèlement», poursuit celui qui a également agi à titre de scénariste pour l’adaptation de son œuvre.
Le réalisateur de 5150, rue des Ormes, Éric Tessier, n’en est pas à sa première collaboration avec Patrick Sénécal. Il avait également porté à l’écran son roman Sur le seuil en 2002, dans un long-métrage qui mettait en vedette Patrick Huard. Puisqu’il était impossible de transformer tout le roman en un film de deux heures, les deux complices ont dû user de stratagèmes afin de pouvoir abréger certaines parties. «Par exemple, dans le livre, Maude tient un journal intime. On n’a pas vu la pertinence de le transposer explicitement à l’écran, mais on a ajouté des dialogues qui racontent certains chapitres de son journal à la place.» Les fameuses parties d’échecs ont aussi été abordées d’une façon plus «fantastique», dans un monde mental créé par le protagoniste. «Parce que simplement montrer deux hommes en train de disputer une partie, ça aurait ennuyé le spectateur!», précise le réalisateur.
Si ces références fantastiques peuvent en rebuter certains, le jeu des acteurs demeure une force du film. Alors que Normand D’Amour brille dans son rôle de psychopathe au sens moral particulier, Sonia Vachon est méconnaissable dans son rôle d’épouse soumise. Après avoir joué des rôles plutôt comiques à la télévision au cours des dernières années, la comédienne désirait renouer avec le 7e art. Après avoir lu le scénario, elle a bâti Maude selon ses propres convictions et était prête à vivre des transformations physiques pour pouvoir la jouer. La blonde comédienne aux yeux bleus enjoués est donc devenue une brunette au regard éteint pour les besoins du tournage. Une autre révélation de la distribution est sans contredit la jeune Mylène St-Sauveur, qui interprète la sadique Michelle. Son joli minois est promis à un bel avenir, car l’étudiante en théâtre compte bien évoluer dans ce milieu.
5150, rue des Ormes s’avère donc être un thriller bien ficelé, à la distribution efficace, qui est truffé de rebondissements. Que vous soyez en quête de frissons ou non, vous passerez assurément un bon moment!
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