De sénateur à président, de président à prix Nobel de la paix
18 octobre 2009
Le vendredi 7 octobre 2009, le président américain a été réveillé par ses petites filles qui lui apprenaient qu’il venait d’être désigné prix Nobel de la paix 2009, à la grande stupéfaction de l’intéressé lui même.
Joël Mebada
Beaucoup de noms avaient été avancés cette année, dont celui de l’actuel premier ministre du Zimbabwe, Morgan Tsangirai, ou de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt. Au final, il y aura eu beaucoup d’appelés, mais un seul élu.
Barack Obama, 44e président des États-Unis, puisqu’il s’agit de lui, fait ainsi son entrée dans un club très sélect, où il rejoint des personnalités aussi célèbres que lui, comme le dalaï-lama, Nelson Mandela, Frederik Willem de Klerk, Lech Walesa, ou encore l’opposante birmane, prix Nobel de la paix1989, Aung San Suu Kyi, pour ne citer que celles-là.
Cela ne peut donc que réjouir, surtout si l’on se situe dans une logique internationaliste et si l’on partage la vision d’un monde globalisé. Comme le dit le comité Nobel, par ce geste, on a ainsi voulu récompenser la vision du président américain, qui dès son arrivée a voulu renforcer le poids de la diplomatie internationale, mais aussi et surtout son ouverture qui l’a parfois amené à entamer des discussions avec des personnalités très peu recommandables. N’oublions pas que, comme premier geste symbolique de sa présidence, il a signé un texte de loi qui entérinait, de manière définitive, la décision de fermer la prison tant controversée de Guantanamo.
La distinction de Barack Obama doit donc être perçue comme une invitation à aller de l’avant, et non comme le couronnement d’efforts déjà entrepris. Son principal défi au niveau international est la résolution du conflit israélo-palestinien. Bien malin qui pourra dire quand ce conflit prendra fin, mais le président a montré de bonnes prédispositions sur ce dossier, en nommant Georges Mitchell, émissaire spécial pour le Proche-Orient. Même si la tâche s’avère ardue, la plus grande défaite pour lui serait d’abandonner.
Les guerres en Irak et en Afghanistan constituent les autres grands enjeux de sa présidence au niveau international. La stratégie américaine et celle de ses alliés en Afghanistan demeure floue, chose à laquelle le chef de l’exécutif américain se devra de remédier dans un avenir proche. Même s’il a déjà affirmé vouloir retirer ses troupes du territoire irakien à plus ou moins brève échéance, force est de reconnaître que l’envoi de 13000 soldats supplémentaires ne milite pas en ce sens.
Enfin, même si les États–Unis quittent effectivement l’Irak en 2011 comme le laisse entendre le protocole d’entente signé à ce sujet entre les autorités américaines et irakiennes, il demeure évident que la présence américaine dans ce pays n’aura pas totalement disparu. Il faudra de nombreuses années et surtout beaucoup d’investissements américains pour remettre l’Irak sur pied. Le défi consiste donc, pour Barack Obama, à se retirer de l’Irak en ne faisant pas plonger le budget américain qui est déjà largement déficitaire. Autant d’arguments qui font penser que le prix décerné au président américain était peut-être prématuré.
Cependant, sous un tout autre angle, il est difficile pour un prix Nobel de la paix de déclarer la guerre à un pays comme l’Iran qui cherche à acquérir la bombe atomique, et peut-être est-ce le meilleur argument pour comprendre ce qui a motivé les membres du comité Nobel.
Pour ma part, je tiens simplement à dire: «congratulations mister president and good luck for the future».
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