Regards d’auteurs: une programmation pas comme les autres!
18 octobre 2009
Pour la sixième année consécutive, la série Regards d’auteurs s’installe au Centre culturel de l’Université de Sherbrooke. Faces et Le temps de la vérité (The Reckoning) seront présentés au public sherbrookois au cours du mois d’octobre.
Christelle Lison
L’objectif de la série Regards d’auteurs est de présenter des œuvres «qui se sont démarquées lors d’événements cinématographiques nationaux et internationaux où elles ont d’ailleurs été primées» déclare George Comtois, conseiller en développement culturel.
En ce mois d’octobre, deux films sont proposés sous forme de Rendez-vous des droits de la personne. Ils ont été présentés dans le cadre du quatrième Festival des films sur les droits de la personne de Montréal (mars 2009). Diya Angeli, directrice de la programmation, explique que «ces deux films ont été choisis parce que ce sont des films forts».
Le premier, Faces, du cinéaste français Gérard Maximin, sera présenté le 19 octobre à 19 heures. Prix du public du Festival des films sur les droits de la personne, il raconte une histoire bien étrange, celle de la plus grande exposition artistique illégale du monde. En fait, des hommes et des femmes, de tout âge, ont accepté de poser devant un objectif en s’exprimant physiquement (rire, larme, cris, grimaces, etc.). Mais ce qu’il y a de particulier, c’est que ce sont des Palestiniens et des Israéliens qui exercent le même métier (fermiers, sculpteurs, chauffeurs de taxis, religieux, avocats, etc.) mais chacun d’un côté du mur… «Pour un Israélien, un Palestinien c’est un mec qui se fait sauter sur un marché et qui tue femmes et enfants sans pitié. Pour un Palestinien, un Israélien, c’est un soldat, un soldat qui l’arrête au check point, qui l’humilie, un soldat qui tire sur les ambulances, les civils.» L’idée de l’artiste est bien simple: coller les portraits géants par paire de métiers face à face ou côte à côte. À travers plus de dix villes, dont Jérusalem, Tel Aviv, Bethlehem et Hebron, l’artiste a exposé son travail. Si la population a souvent été étonnée, la plupart des gens ont dit trouver cette initiative formidable, jusqu’à avouer que, sur les photos, il est difficile de savoir qui est le Juif et qui est l’Arabe… Parce qu’il est clair que «c’est un film qui n’est pas politique» déclare Diya Angeli. «L’objectif, c’est de délivrer un message de paix à travers l’art!»
Le second film, Le temps de la vérité, réalisé par Pamela Yates, sera présenté le 26 octobre à 19 heures. Ce documentaire d’actualité commence par la découverte d’un crane humain et une phrase «Ici les tueurs restent impunis». Face à l’horreur qui sévit partout dans le monde, des camps nazis, au Rwanda en passant par la Bosnie Herzégovine, les gouvernements se devaient de réagir. Ainsi, en juillet 2002, de nombreux pays et organismes non-gouvernementaux se sont réunis pour créer une cour pénale internationale permanente. C’est à partir de ce moment que commence la lutte de Luis Moreno Ocampo, et de son équipe. Tous les jours, ils se battent pour que justice soit faite, pour que les responsables de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et de génocides soient punis. Le film de Myriam Yates présente quatre cas: l’Ouganda, le Congo, la Colombie et le Darfour, et à travers eux toute la difficulté de poursuivre des individus coupables d’actes monstrueux. Bien qu’aujourd’hui, plus de 100 pays soient membres de la cour pénale internationale permanente, ce n’est toujours pas le cas des États-Unis, de la Chine et de la Russie. «C’est un film à deux facettes : il montre les atteintes aux droits de la personne mais aussi les solutions» souligne Diya Angeli.
Ces deux films montrent comment, à travers le monde, du Nord au Sud et d’Est en Ouest, l’homme est parfois un loup pour l’homme. Mais ils nous forcent surtout à réfléchir, et c’est leur objectif! «Il est important de faire circuler ce genre de film après le Festival des films sur les droits de la personne» explique Diya Angeli parce «cela permet aux gens de réfléchir, de se questionner, de se renseigner sur ce qui se passe dans le monde».
Les projections seront suivies d’un temps de discussion, avec une entrevue inédite de Marc Berrebi pour Faces. Ces projections, ce sont «des films inspirants qui mobilisent de l’énergie, qui incitent à l’action et qui invitent à devenir meilleur» conclut Diya Angeli.
Pour plus d’informations : www.centreculturelUdeS.ca.
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