Billy Talent – III – Atlantic/Warner Music (2009)
Alexandra Ventura-Giroux
Comme convenu, III s’insère parfaitement dans la continuité amorcée par I (2003) et II (2006), ainsi que Live 666 (2008). De leur propre aveu, les membres du groupe indiquent qu’il s’agit probablement de leur dernier disque avec un titre numérique. Avec cet album, le groupe canadien propose un son rock à influence métal qui sied parfaitement à leur évolution aussi musicale que personnelle. N’en déplaise aux puristes du genre, le chanteur Ben Kowalewisz délaisse ses sempiternels cris (sauf sur «Saint Veronica») pour laisser place à une voix aussi limpide qu’énergique.
Côté textes, Billy Talent abandonne son ton pseudo-engagé, qu’il avait tenté d’établir sur II et qui sonnait tellement faux (BT n’étant pas un groupe militant), pour des textes sincères, teintés de références démoniaques («Devil on My Shoulder»,«Dead Can’t Testify»). Autre bon point, les gars ont aussi laissé tomber les balades «sensibles» (souvenez-vous de «Surrender»), à notre plus grand soulagement. Car ce qu’on recherche dans un album de BT, c’est de l’énergie vive, que l’on retrouvera assurément sur scène. Aussi, les meilleures pièces de III sont-elles constituées de cet habile amalgame de paroles sensibles sur une mélodie accrocheuse sans pour autant sombrer dans la mélancolie moribonde («Tears Into Wine», «Diamond on a Landmine»).
Si ce chapitre final conclut cette trilogie du rock, elle permet aussi d’établir la définition du son propre à Billy Talent. Cependant, les fanatiques, dont je fais partie, apprécieraient plus d’audace sur le prochain. Gare à la recette sur-utilisée!


