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Categorized | Culturel

Il était une fois la boîte à chansons: un joyeux retour aux sources

Posted on 18 octobre 2009 by admin

Le 31 octobre prochain, le théâtre Granada nous convie à un véritable voyage dans le temps en accueillant un spectacle qui a enchanté, partout où il est passé, le public et la critique.

Louis Pascal Perreault

C’est avec un grand enthousiasme et un peu d’autodérision, bien plus qu’avec nostalgie, que Claude Gauthier, Pierre Calvé, Pierre Létourneau et Jean-Guy Moreau nous replongent dans l’ambiance d’une boîte à chanson du début des années 1960, alors que le Québec entamait sa Révolution tranquille.

L’émergence d’une parole et d’une culture

Au cours d’une série radiophonique qui soulignait les 50 ans de la Révolution tranquille, Stéphane Venne déclarait: «L’atmosphère qui régnait en était une de respect pour ceux qui s’expriment, à mi-chemin entre le fan-club et la religiosité; une espèce de religion pour cette nouvelle forme d’art qui était en train d’être mise au monde tranquillement… Personne ne se faisait crier chou! dans une boîte à chansons. On y couvait quelque chose, et couver, ça veut dire de la protection, de la chaleur… Ça veut dire aimer à peu près n’importe quoi qui s’y faisait…» Enfin se déployait chez nous une parole, une façon de faire qui n’était ni américaine, ni française. Quelques années plus tôt, Félix Leclerc avait dû s’expatrier en France pour obtenir de la reconnaissance. Au début des années 1960, le public québécois était prêt.

Une idée de Robert Charlebois

Avec l’humour qu’on lui connaît, Robert Charlebois déclarait, à propos du spectacle dont il est l’instigateur et le metteur en scène, «On m’a accusé d’avoir enterré les boîtes à chansons avec l’Osstidcho, on pourra maintenant me blâmer de les avoir ressuscitées.» Lors de l’entrevue qu’il accordait au Collectif, Charlebois replaçait les choses dans le contexte de l’époque: «C’est du joli québécois qu’on appelle. C’était avant l’invasion du joual.» Sur ce point, il ouvre une parenthèse: «À travers le joual, tout le monde s’est pris à un moment donné pour Réjean Ducharme ou Michel Tremblay, mais jusqu’ici, il n’y a eu que deux génies du joual. Alors, avant l’Osstidcho, on avait ces belles chansons, qui peuvent paraître d’un romantisme exacerbé pour les générations d’aujourd’hui. Les jeunes qui ne jurent que par le métal ou le hip-hop n’aimeraient certainement pas ça, mais les plus curieux embarquent volontiers. J’aimerais bien que les étudiants profitent de l’occasion, parce que c’est une page d’histoire qui leur manque entre Félix Leclerc et l’Osstidcho». Pourtant, bien des artistes en vogue aujourd’hui, de Pierre Lapointe à Cœur de pirate, en passant par les star-académiciens, s’abreuvent directement à cette source, consciemment ou inconsciemment.

Et comment est né le projet de réunir ces vieux routiers? «Je dois avouer que ça me chicotait, cette rumeur disant que j’avais tué les boîtes à chansons. Après tout, j’ai baigné moi aussi là-dedans. Puis, j’ai voyagé à Cuba. J’ai constaté qu’ils ont là-bas un respect fantastique pour leurs vieux artistes.» Mais avant tout, c’est une affaire de grande amitié. L’idée a germé lentement dans la tête de Charlebois, puis il a dit à ses vieux copains: «Faites-moi confiance!»

Il faut souligner le rôle de l’imitateur Jean-Guy Moreau, dont la présence nous permettra d’entendre les voix de Jean-Pierre Ferland, de Georges Brassens, de Jacques Brel, de Gilles Vigneault de Claude Nougarou, de René Lévesque entre autres… Une belle valeur ajoutée. Le spectacle rend également hommage à Pauline Julien, à Monique Leyrac, à Renée Claude et à d’autres grandes femmes qui ont fait rayonner notre chanson.

C’est donc une invitation à ne pas manquer. Les chandelles, les filets de pêche et les cages à homards (empruntés au Gilles Mathieu de La Butte à Mathieu) seront aussi au rendez-vous.

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