Certains diront qu’il a manqué de tact. D’autres lui reprocheront d’avoir milité si haut et si fort dans le vide pour le bien d’un peuple auquel il croyait tant, et pour lequel il a consacré la majeure partie de sa vie. De leur côté, ses admirateurs lui continueront à lui vouer un culte et une admiration qui dépassent les limites de la complaisance. Eh oui, Pierre Falardeau nous a quittés le 25 septembre, à la suite d’une longue bataille contre le cancer. Malheureusement, de toutes les batailles qu’il a menées, celle-ci aura été la dernière.
Justine Desautels-Zarbatany
Au cours de sa carrière, où il a travaillé d’arrache-pied pour faire valoir ses idées, le grand Falardeau en a fait beaucoup. Son premier court métrage Continuons le combat, qu’il a coscénarisé et coréalisé avec son grand ami Julien Poulin, est sorti en 1971. Teinté d’une conviction absolue dans la lutte pour l’indépendance du Québec, le public découvert l’homme à travers le personnage. Parce qu’il était lui, à tout moment, sans artifice.
C’est en 1981 que Julien Poulin passe devant la caméra pour incarner Elvis Gratton. Ce personnage aura valu au duo un Genie Award à Toronto. Par contre, sa carrière cinématographique aura été marquée par un manque flagrant de subventions et une lutte à n’en plus finir avec le système. Malgré tout, le Pierre Falardeau que l’on connaît tous n’a jamais cessé de croire en ses projets et a continué de se battre, en ne laissant à aucun moment ses idéaux de côté pour plaire aux autres.
En dehors de la vie publique, ses amis disaient de lui qu’il était un homme sensible, bon, vrai, et qui aimait profondément les gens. Il était à l’écoute des autres, le plus honnêtement possible. C’est peut-être difficile à cerner pour le commun des mortels qui a été habitué à le voir extérieurement, très sûr de lui, et qui plongeait dans la controverse à pieds joints, se foutant du regard des autres.
Pierre Falardeau a marqué la vision de l’indépendance du Québec de façon inoubliable. Ses déclarations fracassantes et ses prises de position tranchées nous auront marqué à jamais. Le cinéma a perdu un grand cinéaste, et le peuple québécois, un allié. Salut Pierre!


