Le 1er octobre 1949, sur les remparts de la Cité interdite de Pékin, le président du gouvernement populaire central Mao Zedong proclamait solennellement, devant à peu près 300 000 habitants de Beijing (Pékin), la fondation de la République populaire de Chine. Soixante ans après, le pays le plus peuplé du monde célèbre sa République et le socialisme.
Christelle Lison
Au cœur de Pékin, sur l’avenue de la Paix éternelle (Chang’an), ce jeudi 1er octobre, jour de la Fête nationale et des 60 ans du régime communiste chinois, a vu les différents corps de l’armée chinoise défiler, avec chars, missiles, avions, etc.
L’Armée populaire de libération, victorieuse mais miséreuse en 1949, est devenue sans conteste une source de fierté en Chine. Par là même, elle est devenue une source d’inquiétude à l’étranger, où les experts n’ont pas manqué de surveiller les équipements de haute technologie de la première parade militaire en dix ans.
Par cette parade, le président chinois, Hu Jintao, a exalté les réalisations du socialisme qui ont permis à la Chine aujourd’hui d’être «debout». Entouré des hauts dirigeants du régime, dont le premier ministre, Wen Jiabao, et de son prédécesseur, Jiang Zemin, le président a assisté au lever du drapeau avant que l’hymne national ne retentisse sur une place aux couleurs du pays, en rouge et jaune.
Dès l’aube, le cœur de Pékin a commencé à battre au rythme du défilé militaire. Tous les piétons ont été évacués du centre de la capitale par des milliers de soldats et de policiers déployés à tous les carrefours de la ville. La place Tiananmen a été transformée en vaste scène pour exhiber les derniers armements et équipements du pays, traduisant ainsi la confiance dans la force et la pérennité du régime.
La cérémonie a débuté par des coups de canons. Des soldats ont arpenté un tapis rouge déployé sur la place et hissé le drapeau national sous le regard du président Hu Jintao et des autres dirigeants du Parti communiste.
Ont été exhibés de nombreux types d’équipements militaires 100 % chinois dont près de 90 % ont été montrés pour la première fois, comme une aviation modernisée ou cinq nouveaux types de missiles, y compris des missiles balistiques intercontinentaux capables d’atteindre n’importe quel point du globe. Les experts s’entendent pour dire que la présentation de ces missiles risque de créer une certaine inquiétude dans le monde, notamment auprès de l’administration Obama qui se dépêche de réduire le nombre d’ogives américaines de 1600 à 1500. Des chars aux couleurs du drapeau national (rouge et jaune), dont certains transportaient des stars du sport chinois, ont également défilé, survolés par des avions de chasse.
Après le défilé militaire, les chars de parade qui ont descendu l’avenue de la Paix éternelle ont déroulé l’histoire récente du pays et rendu hommage à ses réalisations et à ses régions. Ils ont montré notamment un engin lunaire rappelant le programme spatial en pleine expansion du pays et une maquette du stade olympique, fierté des Jeux olympiques de 2008.
À la suite de la parade, Hu Jintao, revêtu du costume de Mao, s’est exprimé depuis la terrasse de la Porte de la paix céleste, là même où Mao Zedong avait proclamé la fondation de la République populaire chinoise il y a 60 ans. Sans surprise, le président chinois a loué la renaissance de la Chine et glorifié sa réussite. «Aujourd’hui une Chine socialiste, face à la modernisation, au monde et à l’avenir, se tient fermement debout à l’Est», a lancé le chef de l’État. «Le développement et le progrès de la nouvelle Chine depuis 60 ans ont prouvé pleinement que seul le socialisme peut sauver la Chine et que seules la réforme et l’ouverture peuvent assurer le développement de la Chine, du socialisme et du marxisme», a-t-il ajouté.
Le discours du chef de l’État a également fait largement référence à la lutte du peuple chinois contre les occupants étrangers et la guerre de l’opium. «Aujourd’hui, la Chine contribue à la paix dans le monde avec une contribution des forces militaires chinoises, et la Chine est en mesure maintenant de maîtriser son propre destin pour un avenir glorieux.»
En soirée, le ciel de Pékin s’est embrasé avec un immense feu d’artifice, avec une partie en 3D qui a fait apparaître montagnes et rivières.
Cette journée aura finalement été un vrai casse-tête logistique inégalé pour les autorités, avec plus de 8000 véhicules et près de 100 000 étudiants, écoliers, travailleurs qui ont été mobilisés. Enfin, quartiers bouclés, laissez-passer et fouilles ont considérablement perturbé la vie quotidienne des 17 millions de Pékinois qui ont été encouragés à rester devant la télévision pour regarder le défilé retransmis à travers tout le pays!


