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Categorized | Sports

Merci Kovy!

Posted on 18 octobre 2009 by admin

Au moment où vous lirez ces lignes, Alex Kovalev aura déjà disputé son premier match au Centre Bell dans l’uniforme des Sénateurs d’Ottawa. Il aura peut-être été hué par la foule – parce que c’est la tradition ici, vous savez – ou ovationné après avoir marqué un tour du chapeau. Mais une chose est certaine: comme tout au long de son (premier?) passage à Montréal, Kovy n’aura laissé personne indifférent.

Jessica Lapinski-Dejardin

Alex Kovalev a toujours été un cas spécial. Son statut d’artiste ne tenait pas uniquement des feintes magistrales qu’il servait aux défenseurs adverses ou au «A» brodé sur son chandail bleu-blanc-rouge. Non, Kovy était un marginal qui faisait les choses à sa façon, sans se soucier de ce que les autres pensaient de lui. Parce qu’au fond, il savait qu’il avait le talent nécessaire pour reconquérir les foules en marquant un but, que ce soit d’un tir du poignet à la droite du filet, ou en servant une tasse de café au grand Zdeno Chara.

Même s’il n’a jamais fait l’unanimité, que ce soit dans les journaux ou dans le cœur des partisans, Alex Kovalev a marqué les Québécois par-delà le hockey. Son nom a été mentionné dans le Châtelaine, il a participé à Tout le monde en parle, a parlé en français dans la série Les Boys, a posé pour la une de La Semaine. Plus encore, il a mis sur pied une fondation, Les amis de Kovy, qui vient en aide aux enfants atteints de maladie cardiaque.

En cinq ans à Montréal, Alex Kovalev, le pas-de-cœur-qui-joue-juste-un-match-sur-quatre, a marqué davantage les amateurs de hockey québécois que l’a fait un certain capitaine en près de 15 saisons. Pour ses fans, il a inscrit deux buts au Match des étoiles en plus de déjouer le gardien de l’Ouest d’une feinte magistrale. Il a guidé le CH vers sa meilleure saison en 15 ans, en inscrivant 84 points en 2007-2008.

C’est certain, Alex Kovalev n’est pas Guy Lafleur. Premièrement parce qu’il n’a pas le même talent, deuxièmement parce qu’il n’est pas Québécois. Mais il est, à sa façon, dans la lignée des Glorieux qui ont laissé une trace indélébile dans l’histoire du Tricolore. Kovy, c’est le Maurice Richard de la génération qui n’a jamais vu le Canadien remporter la Coupe Stanley, parce qu’il a la prestance et le charisme d’un héro.

Même si environ 50% des amateurs du Canadien ne portent pas Alex Kovalev en haute estime, l’autre moitié, qui a été conquise par son talent, est unanime à son sujet. Après des années de noirceur, Kovy a redoré l’image d’une concession moribonde qui ne vivait que de ses succès passés. J’ai lu des commentaires de fanatiques du soccer qui sont tombés en amour avec le hockey, avec le CH, grâce au talent de Kovalev. Saison après saison, j’ai vu des yeux d’enfants s’illuminer lorsqu’on leur demandait, lors de la pratique annuelle du Tricolore, qui était leur joueur préféré. La majorité, non, 99% d’entre eux répondaient «Alex Kovalev», le visage fendu d’un immense sourire.

Mieux encore, si Montréal aimait Kovalev, Kovalev, lui, adorait Montréal. Il a réitéré sa position, lors de la Semaine de la mode: Kovy veut terminer sa carrière dans l’uniforme bleu-blanc-rouge. À une époque où, pour attirer des vedettes avec le Canadien, il faut absolument se servir de Scott Gomez comme appât, Kovy, le Russe de Togliatti, veut faire un dernier tour de piste dans la ville qu’il a tant aimée. Malgré les scandales, les critiques et les rumeurs.

Merci Kovy d’avoir tant aimé tes fans. Parce que lorsqu’on y pense, tu es la raison pour laquelle les gens aiment le hockey. Pour voir leurs idoles gagner pour eux… et avec eux.

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