Il y a 30 ans, le 9 octobre 1979, les Nordiques de Québec disputaient leur toute première rencontre dans la LNH. Trente ans plus tard, les Québécois n’ont jamais été aussi près de retrouver la formation qui les a fait rêver pendant près de deux décennies.
Jessica Lapinski-Dejardin
Bien sûr, l’équipe qui s’implantera dans l’éventuel nouveau Colisée ne sera jamais vraiment les Nordiques. Il s’agira d’une formation probablement moribonde, implantée depuis trop longtemps dans un marché hostile au hockey comme Phoenix ou Tampa Bay. Nous sommes donc loin des Joe Sakic et compagnie qui rendaient fébriles les partisans des Nordiques en 1994-1995.
Mais quand même, après 14 années d’attente, le hockey professionnel n’a jamais été aussi proche de Québec. Foi de Bill Daly, le numéro deux de la LNH, la Vieille-Capitale serait «en tête de liste» des villes susceptibles d’accueillir une formation. Toutefois, toujours selon Daly, «aucune garantie n’a été faite» au maire Régis Labeaume et à Marcel Aubut lors de leur rencontre à New York avec Gary Bettman. Pour le moment, malgré la situation financière pénible de certaines équipes du sud des États-Unis, il n’y a pas de club de la LNH qui pourrait changer d’adresse. Il demeure aussi hors de question d’implanter une 31e formation au sein du circuit Bettman.
Changement de cap radical
Lorsque l’on connaît la relation pernicieuse entre Gary Bettman et les équipes canadiennes, ce changement soudain de situation peut étonner. Au cours des dernières années, le commissaire de la LNH a bafoué à maintes reprises les formations du Canada, en déménageant notamment les Nordiques de Québec et les Jets de Winnipeg.
Aujourd’hui, alors que les coffres de plusieurs équipes du sud des États-Unis sont vides, Gary Bettman et ses acolytes semblent avoir changé leur fusil d’épaule. Selon Bill Daly, même si la ville de Québec a un bassin de population restreint, ce qui compte, c’est «la grande base de partisans et la riche tradition de hockey» qu’on y trouve.
Aussi, l’engouement de l’administration Labeaume pour le hockey et la force du dollar canadien ont sûrement pesé lourd dans la balance. Lors du déménagement des Nordiques en 1995, la formation était dans un déficit financier important en raison de la faiblesse du huard et le maire Jean-Paul L’Allier ne voyait pas l’intérêt de maintenir l’équipe à Québec.
Presque 15 ans plus tard, les étoiles semblent bien alignées. L’annonce de la construction d’un nouvel amphithéâtre, au coût approximatif de 400 millions de dollars, sera bientôt faite (si ce n’est déjà le cas). Mais contrairement à ce que soutenait Bettman au cours des dernières années, la construction d’un nouveau Colisée ne serait pas essentielle au retour de la LNH à Québec. Même d’éventuelles appréhensions de la part des dirigeants du Canadien ne pourraient mettre des bâtons dans les roues de la Vieille-Capitale. Ce ne sera cependant pas un sujet de litiges, Pierre Boivin et son administration ne voyant aucun inconvénient à la venue d’une deuxième formation dans la province.
Les partisans de Québec pourront-ils rêver de nouveau? La réponse pourrait être connue plus tôt que prévu.


