Le 26 septembre dernier, le musicien, chanteur, réalisateur et DJ de renom Moby a fait un arrêt remarqué à Montréal dans le cadre de la tournée faisant la promotion de son plus récent opus, «Wait For Me», lancé en juin dernier.
Alexandra Ventura-Giroux
Originaire de la ville de New York, ce passionné de musique a connu un énorme succès à la fin des années 1990 avec son album «Play», dont la plupart des extraits ont été utilisés dans des campagnes publicitaires de l’époque. Ce succès mondial l’a rapidement propulsé à l’avant-plan des artistes les plus en demande sur les pistes de danse du monde entier. Il a ensuite lancé d’autres disques qui ont connu un engouement commercial plus mitigé, mais qui reflétaient davantage ses ambitions personnelles. Après avoir goûté aux multiples excès du métier, il s’est assagi. Il se dit sobre depuis quelques temps déjà.
Le spectacle qu’il présentait dans la métropole se voulait donc rétrospectif. Il a offert au public un bon mélange de nouvelles pièces et de grands succès. Accompagné sur la scène de ses musiciens et de deux choristes, Moby a chaleureusement remercié en français le public, s’excusant même de sa pauvre maîtrise de la langue. D’une candeur et d’une simplicité désarmantes, il prenait soin de prendre le pouls du public, lui demandait même de donner son avis sur l’une de ses compositions qu’il joue rarement. Il a introduit avec grand enthousiasme sa protégée, Kelli Scar, une jeune interprète fougueuse à la voix puissante, dont la présence rappelle celle de chanteuses de la trempe de l’excentrique Björk ou encore celle de la mélancolique Feist. La jeune artiste, qui a également ouvert le concert, a tout simplement ébloui la foule avec son talent prometteur. Sa chimie avec Moby était palpable. Elle a promis de lancer un album au cours des prochains mois. Nul doute que plusieurs courront se le procurer! L’autre choriste qui accompagnait le musicien avait une voix soul qui se rapprochait davantage des Aretha Franklin et Joss Stone de ce monde. En plus de disposer d’un coffre vocal impressionnant, elle se déhanchait de façon sensuelle et énergique, en prenant soin de ne pas éclipser ses compagnons de scène.
Moby a ouvert la soirée avec «Shot in the back of the Head», une pièce entièrement instrumentale. Il s’agit aussi du premier extrait de son nouvel album, qui a également fait l’objet d’un vidéoclip animé réalisé par nul autre que le cinéaste David Lynch (Mulholland Drive). Il a aussi offert sa «seule chanson apocalyptique à avoir percé le top 40 américain», «South Side», qu’il chantait originalement avec Gwen Stefani, au début des années 2000. Les pièces dansantes ont reçu un accueil des plus enthousiastes de la foule. Moby enchaînait tantôt avec des pièces plus planantes, tantôt avec des sonorités plus rock. D’un ton espiègle, il a confié qu’il était ravi de pouvoir tester toutes les pédales permettant de changer la sonorité de sa guitare. Il s’est même permis une petite démonstration!
Bref, le répertoire éclectique, la générosité et les collaborateurs allumés de Moby ont permis à ses nombreux fans montréalais de passer une soirée mémorable!

