Vert & Or Football - Quand les petits ruisseaux font les grandes rivières
15 novembre 2009
Le 31 octobre, tout était encore possible pour le Vert & Or. Pourtant, c’est à la sixième et dernière position que Sherbrooke a terminé sa saison de football. Les Carabins l’ont emporté sur leur terrain par cinq petits points. Un match tout en émotion qui exclut les hommes d’André Bolduc des séries.
Christelle Lison
La Une de la dernière publication du Collectif posait la question sans détour: «Vert & Or Football : Les séries… sur le terrain ou dans les gradins?». La réponse est tombée le 31 octobre: ce sera dans les gradins. Pourtant, tout le monde y croyait encore, les gars s’étaient beaucoup (trop?) entraînés. Pour contrer le sort de la défaite en déplacement, les joueurs ont passé la nuit à Montréal. Mais non, rien n’y a fait! La victoire hors de ses terres semble devoir rester un rêve pour le Vert & Or.
Le match a débuté lentement au CEPSUM de Montréal devant une foule modérée tant en nombre qu’en expressivité. Il faut dire que la pluie et le vent s’étaient invités dans le fief des Carabins. Après le premier quart, le tableau affichait toujours 0-0 bien que les locaux aient très clairement dominé en temps de possession de ballon. À peine 15 secondes après le début du deuxième quart, Pierre-Paul Gélinas, le botteur, offre les trois premiers points du match aux Carabins. Sept minutes plus tard, c’est au tour de Frank Bruno, receveur, de mettre la foule en émoi en allant déposer un touché à la suite d’une course de 38 verges. La transformation réussie par Gélinas permet alors aux Carabins de mener 10-0, puis 13-0 après un nouveau placement. Moins de deux minutes avant de rentrer au vestiaire, William Dion a marqué les trois premiers points pour le Vert & Or.
Au retour de la mi-temps, tout était encore possible pour les protégés d’André Bolduc. D’ailleurs, en début de troisième quart, il y a eu de belles réalisations comme une interception de Vincent Auger alors que le Vert & Or était menacé. Mais le placement manqué de William Dion, qui s’est d’ailleurs dit insatisfait de sa saison, a fait perdre une belle occasion à la formation sherbrookoise. En début de quatrième quart, les Carabins ont creusé leur avance pour mener 14-3. Mais 4 minutes 34 secondes avant la fin du match, Pascal Fils a redonné espoir aux siens en s’offrant un touché. À 14-9 et plus de quatre minutes à jouer, tout était encore possible. Rotrand Sené, le porteur de ballon montréalais, a alors échappé le ballon avec 1 minute 25 secondes à faire. Tous les yeux se sont alors tournés vers la formation sherbrookoise qui était à deux doigts de réaliser l’exploit. Mais à la ligne de 35 verges, Pascal Fils échappe le ballon. S’il avait été au bout de sa course, il aurait probablement fait le touché qui aurait offert les Séries au Vert & Or.
Mais avec des «si»… «On a eu nos chances. À la fin, on a fait une erreur, ce sont des choses qui arrivent» a déclaré Francis Danneau, joueur de ligne offensive, qui terminait en ce 31 octobre sa carrière au sein du Vert & Or.
Privées de leur quart-arrière numéro un, les deux équipes ont peu utilisé le jeu aérien, comptant plutôt sur leurs porteurs de ballon. Ainsi, ce match a été celui de Fils contre Sené. Mais l’avantage a tourné en faveur de la jeune recrue qui a récolté 228 verges contre 172 pour le joueur sherbrookois. Dans les conditions climatiques du match, «l’échange de bottés est important (…) et plaquer les porteurs de ballon aussi» a souligné l’entraîneur-chef André Boluc, or «on a eu beaucoup de ratés surtout en première demie».
À la fin du match, il y avait une tension palpable sur le terrain, les gars en sont pratiquement venus aux mains, «on ne s’aime pas beaucoup nous et les Carabins» a expliqué Williman Dion. Et puis «il nous manquait pas grand-chose a précisé Vincent Auger, alors c’est difficile». Selon l’adage, ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières, et c’est exactement ce qui a manqué à la formation sherbrookoise tout au long de la saison. «La dernière série reflète notre saison. On est passé proche à plein de moments de gagner» conclut André Bolduc.
Alors que Sherbrooke s’est incliné devant Montréal, Bishops l’a emporté 40-38 face à Concordia. Le Rouge et Or, pour sa part, a encore une fois dominé son match en battant McGill 50-0. Les séries débuteront le 7 novembre, opposant les Carabins aux Gaiters à Montréal. L’autre match opposera le Rouge et Or aux Stingers, au domicile des numéros 1.
Nouvelles des séries
La logique a été respectée lors des deux demi-finales de la Conférence du Québec, puisque les deux formations favorites ont remporté leur match. C’est sans surprise que le Rouge et Or a battu les Stingers de Concordia par le score de 63-1 au PEPS de l’Université Laval. Les Carabins, pour leur part, ont finalement dominé les Gaiters de Bishop’s pour obtenir leur ticket pour la Coupe Dunsmore, avec une victoire de 40-15. Nous aurons donc droit à une finale francophone en terre Rouge et Or, le samedi 14 novembre dès 12 h 30.
Par le passé, le Rouge et Or a éliminé les Carabins en 2007 et 2008 lors des dernières visites des Montréalais au PEPS de l’Université Laval. Les Carabins ont également perdu lors de la dernière finale entre les deux clubs, en 2005. «On se présentera à Québec dans un tout autre contexte qu’au cours des deux dernières saisons», a souligné l’entraîneur-chef Santerre. «On s’était alors battu corps et âme pour une place en séries tandis que nous sommes davantage dans une situation de momentum actuellement.» Notons que les deux formations se sont partagé les deux matchs disputés cette saison. Laval a remporté le premier duel 30-8 à domicile, tandis que Montréal a gagné le dernier affrontement, 28-7, au CEPSUM.
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