Après avoir passé 11 années à parcourir la planète, parfois dans des conditions difficilement concevables pour un athlète professionnel, Frédéric Niemeyer tire sa révérence. Sans entraîneur pour le suivre sur le circuit et avec peu de moyens, le Sherbrookois a marqué le tennis canadien tant par son talent que par sa détermination.
Jessica Lapinski-Dejardin
Devant ses parents et amis, Niemeyer a tourné la page sur une carrière forte en émotions le 19 novembre dernier, au Centre récréatif de Rock Forest. Le joueur de 33 ans, qui n’avait plus disputé une seule rencontre depuis sa défaite face à Roger Federer à la Coupe Rogers, a tenu à faire ses adieux là «où tout a commencé» pour lui.
«Les gens de l’Estrie m’ont appuyé tout au long de ma carrière, et c’est pour cette raison que je voulais être devant les miens» a déclaré Frédéric Niemeyer.
En 382 matchs sur les circuits ATP et ITF, le Sherbrookois originaire de la Suisse a signé 221 victoires, en plus de remporter 14 titres. Le plus grand moment de sa carrière demeure toutefois, à ses yeux, son ultime rencontre face à son idole, Roger Federer, devant ses partisans montréalais. Niemeyer avait joué un fort match contre le numéro un mondial, avant de s’incliner 7-6(3) et 6-4.
«J’ai de nombreux souvenirs, le tennis m’a apporté beaucoup, surtout au point de vue de l’amitié. Je dois tout à mes parents, ce sont eux qui m’ont permis de poursuivre mon rêve.»
Ses passages à Wimbledon resteront gravés dans sa mémoire. En 2003, Niemeyer avait surpris la planète tennis en se qualifiant pour le plus mythique des tournois, avant de défaire au premier tour Félix Mantilla, alors la huitième tête de série. «Pour moi, Wimbledon est le tournoi le plus prestigieux au monde. J’avais toujours très hâte de commencer la saison sur le gazon pour y disputer quelques rencontres.»
Toujours omniprésent
En dépit de son puissant service et de son gros coup droit, le meilleur classement de Niemeyer aura été une 134e place au classement ATP. Aurait-il pu faire davantage avec plus d’appui de Tennis Canada? Qui sait… En tout cas, le Sherbrookois espère que les prochaines vedettes du tennis masculin recevront davantage de financement et d’appui.
Il faut dire que le développement du tennis est une cause qui lui tient à cœur, puisqu’il entraînera 25 semaines par année le jeune Milos Raonic à partir de l’an prochain. À Montréal, en 2009, Raonic est devenu le plus jeune joueur à se qualifier pour la Coupe Rogers, avant de disputer une rencontre serrée face à Fernando Gonzalez.
«Avoir la chance de commencer tout de suite à entraîner un jeune talent, c’est incroyable pour moi!»
En raison de son implication au sein du tennis canadien, Niemeyer a été nommé président d’honneur du Futures Banque Nationale de Rock Forest. Il a remporté le tournoi en 2007 et en 2009.


