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Categorized | Éditorial

Chant du Cygne

Posted on 29 novembre 2009 by admin

Michel Daigneault

Eh oui, je m’adresse à vous, chers et loyaux lecteurs du Collectif, pour la dernière fois. C’est donc avec beaucoup de tristesse que j’écris ces quelques lignes. En fait, je quitte le journal auquel j’ai contribué depuis le mois de janvier dernier – comme correcteur en chef d’abord, puis comme rédacteur en chef au cours des deux dernières sessions. Je ressens une grande peine à quitter mes fonctions certes, mais surtout une équipe avec laquelle j’ai développé des liens d’une profondeur et d’une sincérité que je ne soupçonnais pas moi-même, il y a quelques semaines encore…

L’expérience humaine que j’ai vécue au sein de ce groupe d’individus engagés et passionnés a comblé nombre de besoins d’épanouissement personnel que j’ai longtemps cru inassouvissables. Comme elle me manque cette équipe et cette expérience, en ces moments difficiles que je vis présentement. En effet, mon arrivée à l’Université, en janvier dernier, constituait un virage à 180 degrés dans ma vie personnelle. Provenant d’un milieu particulier, dans la grande ville de Montréal, j’ai décidé de retourner aux études, à 37 ans, pour changer de vie et ainsi donner un sens à mon passé. Si j’ai choisi l’Université et la ville de Sherbrooke, c’est justement pour m’éloigner de cet ancien milieu dans lequel j’ai été malheureux presque toute ma vie.

Malgré toute ma bonne volonté et les efforts investis au cours des derniers mois pour me bâtir un avenir meilleur où je me sentirais utile et apprécié, mon passé a fini par me rattraper de la façon la plus brutale qui soit. Par ma propre faute, j’ai commis des erreurs et adopté des comportements et des attitudes qui m’ont poussé là d’où je venais, dans cet univers tapissé de noirceur et de souffrance, dans lequel je m’étais pourtant promis de ne plus jamais remettre les pieds. Ce faisant, en plus de cette expérience humaine incroyablement enrichissante que représente mon engagement au sein du journal, c’est de toute une expérience de vie pour laquelle je ressentais le plus intense enthousiasme qui soit dont je suis privé. Mes études en psychologie, mon implication auprès d’organismes communautaires, les relations interpersonnelles que j’ai développées avec des gens dont je me serais longtemps senti indigne de l’amitié, les défis auxquels j’étais confronté et que je relevais, tout cela me manque énormément.

Jamais je n’aurais cru m’intégrer aussi rapidement à ce milieu tout nouveau pour moi, dans une ville où je n’avais jamais mis les pieds et où je ne connaissais personne de surcroît. Au journal, j’ai trouvé des gens qui m’ont accueilli sans jugement aucun, et ce malgré mon âge vénérable et la particularité de mon passé. Je m’y suis senti accepté, apprécié et valorisé, comme jamais auparavant dans ma vie. Avec certains, j’ai tissé des liens amicaux, sincères que je chéris maintenant de tout mon cœur. L’image que ceux-ci m’ont renvoyée de moi-même ces derniers mois a initié un changement en profondeur dans ma façon de me percevoir moi-même et d’appréhender mes relations interpersonnelles. Je peux dire aujourd’hui qu’ils m’ont aidé à devenir un meilleur homme et, s’il me reste beaucoup de chemin à parcourir, j’en suis fort conscient, ces gens m’ont ouvert la voie et montré la direction.

À vous tous administrateurs anciens et actuels, collaborateurs, correcteurs, lecteurs et amis, je vous suis sincèrement reconnaissant pour tout ce que vous m’avez apporté, consciemment ou non. Sachez que chacun, à votre façon, vous m’avez rendu meilleur. Malgré nos différends parfois, je vous ai tous fort apprécié à ma façon… Vous m’avez rendu «accro» à cette vie qui est désormais la mienne et à laquelle j’espère revenir très bientôt. Prenez bien soin de vous et de ce journal auquel j’ai contribué. J’espère, car c’était le mandat que je m’étais donné, l’avoir rendu encore plus accessible pour tous les étudiants.

Merci

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