Le monde aura les yeux rivés vers Copenhague du 7 au 18 décembre prochain, ville où se tiendra un sommet mondial où l’humanité aura à cœur de faire entendre sa voix pour trouver une suite acceptable au protocole de Kyoto.
Joël Mebada
Au-delà de notre appartenance ou non à la norme écologique, nous nous devons de reconnaître que notre monde change, amenant avec lui son lot d’incertitudes et de manifestations, qui ont parfois conduit à des désastres inimaginables il n’y a pas si longtemps. Tsunamis en Asie du sud, ouragan Katrina aux États-Unis, inondations en France, sécheresses à répétition en Afrique, pas un seul jour ne passe sans que la nature nous rappelle que nous devons utiliser les fruits qu’elle nous offre avec diligence. C’est pourquoi le monde ne peut pas se permettre un autre rendez-vous manqué sur la question écologique. On attend du sommet de Copenhague non pas seulement des résolutions fortes, mais aussi et surtout des objectifs clairs et chiffrés, qui iront dans le sens de la diminution des dégâts causés à l’environnement depuis tant d’années.
Il est peut-être naïf de penser que le problème écologique viendra balayer d’un revers de la main toutes les logiques de production et de consommation qui ont pignon sur rue de par le monde, mais un espoir peut être nourri de voir nos dirigeants s’engager dans un effort commun pour que l’impact de nos comportements singuliers aient de moins en moins d’influence sur notre milieu de vie. Nous sommes à la croisée des chemins et le monde attend de ses leaders des décisions importantes.
La réduction des gaz à effet de serre
Il vrai que l’on a vu évoluer de manière significative, le niveau de tolérance à la pollution, mais pouvons-nous faire mieux? Si nous nous réjouissons que des barrières aient été mises en place pour restreindre le degré d’émission de beaucoup d’entreprises peu soucieuses de l’environnement, force est de reconnaître que la question de l’émission de gaz à effet de serre demeure encore largement préoccupante et qu’une réduction substantielle de 20 % ou de 30 % serait déjà un pas fort appréciable dans la bonne direction.
L’émission de gaz polluants
L’autre grande question est celle de savoir quel est le mécanisme ou le mode de régulation que l’on doit mettre en place pour s’assurer de l’effectivité de baisse d’émission de gaz polluants. Une solution avait été trouvée aux États-Unis, solution qui allait par la suite est être reprise par les Européens, celle de la constitution d’un marché de droit à polluer. Ainsi, chaque entreprise pouvait acheter des quote-parts ce qui, de facto, restreignait le niveau de son activité économique. Mais ce marché repose sur une imperfection majeure, car il pose le problème de savoir quel est le niveau de pollution acceptable par la nature, et jusqu’à présent, on ne peut y répondre avec certitude.
Le financement
La troisième question, et de loin la plus importante, est celle du financement de toutes les mesures qui viendraient à être prises au cours du sommet de Copenhague. Pour être plus clair, c’est le problème de la facture. L’Amazonie et l’Afrique centrale sont les deux poumons écologiques du monde et ils sont situés dans des pays en développement, ce qui constitue de fait une ressource nécessaire pour atteindre leur développement.
Faudrait-il donc donner aux différents pays se situant dans ces zones des compensations pour qu’ils cessent d’abattre leurs arbres? Certains pensent que oui d’autres que non. Mais une autre question mérite d’être posée, celle de savoir si une fois les compensations reçues, ces pays ne se livreront tout de même pas à l’exploitation de leurs ressources forestières.
Autant de questions qui restent aujourd’hui sans réponse, mais auxquelles il faudra bien, un jour, trouver des solutions. Le monde est prêt à faire ce qu’on lui dira de faire si cela peut assurer la survie de ses enfants, car comme le dit si bien un adage cheyenne: «on n’hérite pas de la terre de ses parents, on l’emprunte à ses enfants».

