Vous avez sans doute aperçu sa binette hilarante sur les panneaux des transports en commun de notre belle ville. Depuis peu, l’humoriste et comédien Jean-François Mercier est devenu le visage de la nouvelle campagne de sensibilisation aux bons comportements de la Société de Transport de Sherbrooke. Celui qu’on a pu voir dans le téléroman Virginie et l’émission à saveur humoristique Mike Ward Show a accepté de nous rencontrer.
Alexandra Ventura-Giroux
Pour celui qui a écrit la série à succès «Les Bougons: c’est aussi ça la vie», les méthodes «traditionnelles» de remontrances ne fonctionnent pas auprès de la clientèle délinquante des autobus.
«Ils m’ont appelé, ils voulaient avoir une campagne provocante, choquante, dans le sens que c’est pour rejoindre une clientèle délinquante. La majorité des gens respectent les règles d’usage à bord du transport en commun. Ils voulaient quelqu’un de choquant, parce que les moralisateurs ne fonctionnent pas. Je voulais le faire par l’humour, j’étais leur premier choix, ils étaient bien enthousiastes», explique-t-il de sa voix doucereuse. À mille lieues de son personnage du «gars frustré», qui l’a révélé au grand public, Jean-François Mercier se révèle d’une grande gentillesse. «Les chauffeurs ont recensé les comportements les plus désagréables des usagers et on a pris quelques photos», indique-t-il en faisant référence aux affiches qui ornent les autobus de la ville de Sherbrooke depuis quelque temps.
En ce moment, outre son rôle de porte-parole, c’est son rôle d’écrivain qui lui prend tout son temps. Il s’apprête bientôt à conclure la longue tournée pour son Show du Gros Cave, qu’il promène partout en province, depuis 2006. Il se dit ravi et enthousiaste à l’idée de proposer du nouveau matériel à ses admirateurs. Il rode de nouveaux éléments de son futur spectacle, de temps à autres, dans les bars. Il se sent responsable de son public «lorsque les gens prennent la peine de se déplacer, d’appeler une gardienne, de payer le restaurant, la moindre des choses est que je leur donne un bon spectacle!». Justement, le Show du Gros Cave se révèle être provocant, mais teinté de moments de réflexion touchants. L’humoriste y aborde son enfance, son adolescence et les mauvais moments que lui faisaient subir ses camarades.
Bien qu’il soit conscient qu’il ne rallie pas autant de fans que d’autres humoristes plus «familiaux», Jean-François Mercier apprécie la liberté que lui procure son spectacle. Il n’a pas à passer par un intermédiaire pour en faire approuver le contenu. Au final, les gens viennent le remercier et le rencontrer. «Une femme est venue me voir en me disant que la dernière fois qu’elle avait vu son défunt père rire, c’était à mon spectacle. Elle m’a remercié». Nul doute que ce témoignage renforce la relation unique qu’entretient l’humoriste envers son public dévoué!


