Quel être humain sain d’esprit accepterait de dévaler à plus de 100 km/h une piste étroite tête première, sur une petite luge en métal? Les glisseurs de skeleton bien sûr, un des sports les plus extrêmes du monde olympique.
Jessica Lapinski-Dejardin
C’est dans les années 1880 à Saint-Moritz que le skeleton fut pratiqué pour la première fois. Des soldats américains construisirent une piste entre Davos et Klosters en y ajoutant des courbes pour faire grimper la difficulté lors des descentes. Le sport prit officiellement l’appellation skeleton en 1882, alors qu’un Britannique du nom de Child créa une luge en métal qui ressemblait à un squelette. Purement helvète jusqu’au début du XXe siècle, le sport traversa les frontières de la Suisse pour la première fois en 1905 alors qu’une course fut disputée dans les montagnes autrichiennes.
La Fédération internationale de bobsleigh et de tobogganing (FIBT) est née en 1923, puis le sport fut admis dans la famille olympique en 1926. Toutefois, le skeleton ne fut pratiqué qu’aux Jeux olympiques de 1928 et de 1948, tous deux disputés à Saint-Moritz. C’est en 2002 seulement, à Salt Lake City, que le skeleton devint un sport olympique permanent.
À une vitesse folle!
Lors d’une course de skeleton, la vitesse atteint souvent entre 120 et 140 km/h. Au départ de l’épreuve, les glisseurs doivent courir sur une distance de 50 mètres à côté de leur skeleton. Cette étape est cruciale, car une différence d’un dixième de seconde au départ peut se traduire par une avance de trois dixièmes de seconde au bas de la piste. Ils s’allongent par la suite sur leur luge, tête première, et négocient les virages en déplaçant légèrement leur corps.
Le coureur cherche évidemment à dévaler la pente le plus rapidement possible. Pour ce faire, il doit trouver la meilleure trajectoire sur la piste, qui mesure au minimum 1200 mètres. Lors des virages, le coureur encaisse une force d’environ 5G.
Des médailles pour le Canada?
Aux Jeux olympiques de Vancouver, le skeleton subira une légère modification, alors que les épreuves féminines et masculines seront disputées sur quatre manches plutôt que trois.
Devant les siens, le glisseur Jeff Pain tentera de devenir le deuxième multiple médaillé du skeleton, après Gregor Staehli de la Suisse. En 2006, à Turin, Pain avait remporté l’argent.
Jon Montgomery est un autre espoir de médaille pour le Canada. Aux championnats du monde de 2008, il avait terminé en deuxième place. Du côté des femmes, Mellisa Hollingsworth est la seule athlète qui soit grimpée sur le podium aux Jeux olympiques, grâce à sa troisième position à Turin. La compétition est en effet très forte en skeleton féminin, notamment en raison de la présence de l’Allemande Anja Huber et des Britanniques Shelley Rudman et Amy Williams. Les trois femmes dominent présentement la saison de Coupe du monde 2009-2010.


