Haïti meurtrie
25 janvier 2010
Les événements récents survenus en Haïti nous rappellent à quel point la nature peut se montrer imprévisible et à quel point nous sommes à sa merci. La secousse qui a détruit ce pays n’a duré qu’une minute, mais une minute de trop pour les Haïtiens, qui voyaient une fois de plus leur pays être la proie d’une nature qui ne s’est jamais montrée clémente envers eux. Les catastrophes naturelles s’enchainent: Jeanne en 2004 aux Gonaïves, puis Anna et Ike quatre ans plus tard.
Joël Mebada et Laurence Charleston
Le pays venait une nouvelle fois d’être ravagé par une secousse de 7,3 sur l’échelle de Richter, secousse qui allait être suivie par des secousses de plus faible intensité, l’une d’elles atteignant cependant 5,5. De plus, l’éventualité d’un tsunami, rumeur largement diffusée au sein de la population, a largement contribué à maintenir l’ensemble des survivants dans une psychose insoutenable pour la plupart d’entre nous.
Depuis les ouragans qui avaient déjà ravagé plusieurs villes, les scientifiques avaient annoncé d’éventuels tremblements de terre à Port-au-Prince. Mais les gens n’arrêtaient pas de couper les arbres et de construire leur maison dans les flancs des montagnes, sans aucun respect des normes. Des études ont été faites sur l’éventualité d’un tel désastre, mais Haïti est dépourvu de tout et ne pouvait pas y faire face.
Très vite après le sinistre, la consternation a fait place à la peur et l’angoisse: celle de savoir si l’on reverrait les nôtres, celle encore plus basique de savoir s’ils étaient vivants. Le manque de communication a fait que beaucoup d’Haïtiens d’ici et d’ailleurs ont dû se réfugier dans la prière en attendant un coup de fil, un courriel ou un message texte leur annonçant de bonnes nouvelles ou, dans bien des cas malheureusement, la mort de leurs proches.
Avec ce séisme, le monde a redécouvert l’horreur sous son aspect le plus noir, avec des corps jonchant les rues à perte de vue, des personnes coincées dans des immeubles, appelant à l’aide sans pouvoir être secourues. En Haïti, il y aura assurément un avant et un après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, mais la communauté internationale a su se mobiliser comme un seul homme, pour que l’essentiel soit sauf et que les vies soient préservées autant que possible. On retiendra que les Chinois sont arrivés les premiers, hissant leur drapeau en Haïti, ce qui semble avoir suscité immédiatement la colère de l’empire américain, qui a dépêché 900 soldats dans la foulée, l’effectif étant porté à 10 000 par la suite, rappelant ainsi au monde entier que, même face à l’horreur, les guerres de leadership ne s’arrêtent pas.
Cependant, la générosité dont a fait preuve le monde n’a d’égal que l’ampleur de la tragédie qu’a subie le pays. En effet, dès le premier jour, la Croix-Rouge canadienne a reçu près de trois millions de dollars, soulignant au passage l’affection que portent les Canadiens, et surtout les Québécois, envers les Haïtiens. D’ailleurs, Montréal abrite l’une des plus grandes communautés haïtiennes d’Amérique du Nord.
Depuis plusieurs mois, Haïti ne faisait plus la une des journaux avec des titres négatifs. Labadie a même eu le privilège de recevoir Oasis of the Seas (le plus gros bateau croisière du monde). Mais il a fallu ce fameux 12 janvier 2010 pour briser le rêve de tous les Haïtiens. Cette date restera sans nul doute gravée dans l’histoire du monde entier.
Cette tragédie permet de voir la cohabitation de plusieurs pays (USA, Chine, Venezuela, France, Canada…) sur un seul territoire, l’objectif commun étant de sauver des vies. Depuis le séisme, le monde entier se concentre sur ce petit bout de terre malchanceux d’être placé sur la ceinture de feu. Cette fameuse faille a tout détruit sur son passage, des vies, des biens et des rêves. Il n’y a plus de riches ni de pauvres. Aujourd’hui, tous les Haïtiens dorment à la belle étoile et se partagent des lits de fortune, de la même manière qu’ils se partagent les fosses communes.
Haïti est à reconstruire. Il faut la participation de tous ses enfants, les rescapés et ceux qui se trouvent hors du territoire. Espérons seulement que ce message sera entendu et que cette reconstruction se fera avec le soutien de tous.
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4 réponses à “Haïti meurtrie”
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Dans un moment ou tout est noir, le message de l’affligé se révèle d’un brin d’espoir: 12 janvier 2010 notre pays coulait des larmes de sang, les corps de nos compatriotes meurtris sous des blocs de béton, des adieux aux personnes connues et aimées qui arrivent trop vite. Mais nous croyons que notre pays refera surface.Car,nous sommes un peuple vaillant ,digne, solidaire et persévérant. Deux siècles d’indépendance infructueux, des années de souffrances, des surprises meurtrieres dues aux catastrophes naturelles, nous ne baisserons pas les bras. Avec Dieu nous franchirons ce désert. En terminant, nous voulons remercier de tout coeur toute la communauté universitaire pour leur soutien moral à l’endroit des étudiantes et étudiants haïtiens. Sachez que nous vous aimons pareil. Même s’il souffle, le peuple haïtien laisse toujours son sourire à ceux qui s’approchent de lui.
Véronique Telfort, étudiante haïtienne
Rien a rajouter larticle resume bien la situation..mon soutien au peuple haitien…haiti va etre reconstruit et serasencore plus forte et belle…merci joel et laurence pour cet article!!!
Cyrine
Merci beaucoup Cyrine et Véronique pour vos commentaires suite à la parution de l’article. Je ferai le suivi de ces derniers auprès de mes collègues du journal des étudiants de l’Université de Sherbrooke.
Toute l’équipe du journal Le Collectif
L’artcile est très bien écrit et réflète très bien le malheur dont Haïti a été victime. Bravo Joel et Laurence.